Julien Paluku met fin à 40 ans d’inertie entre la RDC et le Canada

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a estimé dimanche que la République démocratique du Congo et le Canada tournent la page de « quarante ans de sécheresse économico-diplomatique », à travers une relance de leur coopération économique et commerciale.

Dans une tribune publiée sous le titre « RDC-Canada : Fin d’une “sécheresse” économico-diplomatique de 40 ans », le ministre a rappelé que « depuis 1986, le silence pesait sur les relations commerciales bilatérales entre Kinshasa et Ottawa ».

Selon lui, « les statistiques des cinq dernières années confirment cette atonie », les échanges commerciaux entre les deux pays restant « à des niveaux marginaux », ne reflétant « ni le potentiel immense de la RDC, ni l’expertise technologique du Canada ».

« Quatre décennies sans commission mixte, autant d’années à avoir laissé au ralenti la coopération entre deux puissances : l’une établie, l’autre en pleine phase de construction accélérée », a écrit Julien Paluku.

Le ministre a toutefois rappelé que les relations entre les deux pays reposaient autrefois sur « des racines profondes », marquées notamment par « un appui structurant au secteur agricole ».

Il a cité les Centres d’adaptation et de production des semences améliorées (CAPSA), qui, selon lui, « ont été le socle de notre sécurité alimentaire », ainsi que « l’encadrement des producteurs locaux au sein de coopératives agricoles ».

Julien Paluku a affirmé que le Forum international organisé à Gatineau par le CCRCC « vient de briser cette inertie » et a agi « comme un électrochoc pour remobiliser les énergies et réveiller un élan de coopération longtemps endormi ».

Le ministre a également mis en avant la vision du président Félix Tshisekedi, affirmant que « l’ambition du Président Félix-Antoine Tshisekedi aujourd’hui est claire : nous devons nous appuyer sur les succès du passé pour mieux concevoir les partenariats de demain ».

« Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire, mais de l’actualiser », a-t-il ajouté.

Selon la tribune, « la deuxième journée du Forum a marqué un tournant décisif » avec le lancement officiel d’« une équipe de travail conjointe pilotée par les ministères congolais des Affaires étrangères et du Commerce extérieur ».

Cette structure aura pour mission de préparer « la grande commission mixte RDC-Canada », présentée comme « un cadre indispensable pour sceller des partenariats stratégiques tournés vers les enjeux du futur ».

Le ministre a insisté sur la volonté du gouvernement congolais d’orienter désormais cette coopération vers « les secteurs de pointe qui dessineront l’économie de demain ».

Parmi les priorités citées figurent « la transition énergétique », avec le développement de « chaînes de valeur intégrées autour des batteries et des véhicules électriques », mais aussi « l’industrialisation » à travers « le déploiement de nos Zones Économiques Spéciales (ZES) ».

Julien Paluku a également évoqué « le numérique et les infrastructures » afin de « moderniser nos échanges pour accompagner ce nouveau souffle industriel ».

« Le Canada et la RDC ne sont plus dans l’attente, mais dans l’exécution », a conclu le ministre, estimant que « ce forum à Gatineau est la première pierre d’un édifice que nous sommes déterminés à reconstruire ».

Selon lui, la RDC et le Canada entendent désormais « transformer une complémentarité naturelle en une prospérité partagée et durable ».

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