RDC : l’opposition suspend sa marche, mais fixe un ultimatum à Tshisekedi

La principale coalition de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC) a fixé au 15 août un ultimatum au pouvoir pour convoquer officiellement le dialogue national inclusif annoncé la semaine dernière, tout en reportant une manifestation initialement prévue le 22 juillet, une décision qui suscite des critiques au sein d’une autre frange de l’opposition.

Dans une déclaration rendue publique lundi soir, la coalition C64 affirme que, si le dialogue « n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026 » ou si « les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète », elle « en tirera toutes les conséquences politiques ».

L’opposition prévient également qu’elle appellera « le peuple congolais, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, à reprendre les actions citoyennes pacifiques nécessaires à la défense de l’ordre constitutionnel, de la démocratie, de l’État de droit et de l’avenir de la Nation ».

Cette mise en garde intervient quelques jours après l’annonce, par les chefs des confessions religieuses, de l’accord de principe du président Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue national inclusif destiné à répondre à la crise politique et sécuritaire que traverse le pays.

Dans ce contexte, la coalition a décidé de reporter la marche qu’elle avait programmée le 22 juillet, estimant vouloir laisser une chance au processus de dialogue, tout en exigeant sa formalisation rapide.

Cette décision est toutefois contestée par des responsables de la plateforme Sauvons la RDC, constituée autour de l’ancien président Joseph Kabila.

Seth Kikuni, membre de cette plateforme et en exil, a affirmé que « la seule opposition non armée en RDC » était Sauvons la RDC, estimant qu’elle payait le plus lourd tribut en comptant « le plus grand nombre de prisonniers et d’exilés politiques ». Selon lui, « même leurs passeports confisqués ne sont jamais restitués ». Il a ajouté que « c’est Sauvons la RDC qui mettra fin à la tyrannie de Tshisekedi ».

Également en exil, l’ancien vice-Premier ministre des Transports José Makila, membre de la même plateforme, a dénoncé le report de la manifestation du 22 juillet, qu’il qualifie de « profonde désillusion pour tous ceux qui croyaient à une opposition prête à assumer le rapport de force ».

« À l’heure de vérité, la C64 recule. Ce choix ne peut qu’alimenter le doute sur sa capacité à incarner une véritable alternative. Beaucoup y verront la confirmation qu’elle contribue davantage au maintien du statu quo qu’à son renversement », a-t-il déclaré, estimant que « le peuple congolais n’a pas besoin d’une opposition qui multiplie les annonces avant de battre en retraite ».

D’autres responsables politiques appellent au contraire à préserver l’accalmie. Le député Juvénal Munubo a estimé que le report de la manifestation constituait « un bon signe de décrispation » avant la tenue du dialogue. Selon lui, le durcissement du ton de la C64, à travers son ultimatum au pouvoir, « est susceptible de ne pas faciliter la désescalade ».

« Aux acteurs du pouvoir et à ceux de l’opposition d’agir avec un sens de responsabilité. Faire monter les enchères n’est pas si important », a-t-il déclaré.

Aucune date officielle de convocation du dialogue national inclusif n’a, à ce stade, été annoncée par la présidence congolaise.

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