RDC : Ebola, le CNPAV appelle à une enquête parlementaire sur la gestion des fonds de la riposte

Le Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV) jeudi à l’ouverture urgente d’une enquête parlementaire sur la gestion de la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), évoquant des préoccupations liées à la transparence dans l’utilisation des ressources mobilisées.

Dans un communiqué de presse, cette coalition d’organisations de la société civile dit s’inquiéter de l’aggravation de l’épidémie et présente ses condoléances aux familles des victimes, tout en saluant le travail des équipes engagées sur le terrain.

Le CNPAV rappelle avoir déjà appelé, le 15 juin dernier, à une riposte davantage ancrée dans les communautés, transparente et adaptée aux réalités locales. Selon l’organisation, l’évolution de la situation montre que plusieurs de ces alertes n’ont pas été suffisamment entendues.

La coalition relève notamment des difficultés persistantes dans la prise en charge des malades, le paiement des primes et prestations des agents mobilisés, ainsi que l’insuffisance de certains dispositifs de riposte dans les nouvelles zones touchées.

Des interrogations sur les fonds

Le CNPAV demande également des éclaircissements sur la gestion des financements destinés à la riposte.

Il indique que, sur les 50 millions de dollars reçus du gouvernement pour répondre à l’épidémie, 31 millions auraient été affectés par le ministère de la Santé à la riposte via l’Institut national de santé publique (INSP), notamment pour les équipements, médicaments et moyens de communication.

Dix-neuf millions de dollars supplémentaires seraient réservés au paiement des personnels affectés à la riposte, selon le communiqué.

Face aux plaintes concernant des retards ou impayés, le CNPAV demande que le rapport sur les fonds déjà décaissés soit rendu public, ainsi que les mesures prises et les orientations permettant d’assurer une utilisation claire et efficace des ressources.

Une enquête parlementaire réclamée

Au regard de l’extension de l’épidémie et des interrogations soulevées sur l’efficacité du dispositif, le CNPAV estime indispensable l’ouverture d’une enquête parlementaire.

Celle-ci devrait notamment examiner la gestion et l’utilisation des fonds consacrés à la riposte, le paiement du personnel médical et communautaire, la coordination entre les différents services et partenaires, ainsi que d’éventuels dysfonctionnements ou détournements.

Le CNPAV affirme que d’éventuelles responsabilités établies devront donner lieu à des comptes devant la justice et la population.

La coalition appelle enfin le gouvernement à renforcer immédiatement la riposte dans les provinces touchées et à faire de la transparence et de la protection des populations une priorité absolue.

Créé autour de la lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance, le CNPAV se présente comme une coalition d’organisations congolaises et internationales engagées en faveur d’une gestion transparente des ressources de la RDC.

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