Est de la RDC : Pendant que le M23 monopolise l’attention, les ADF continuent de massacrer … Juvénal Munubo sonne l’alarme sur le grand tueur

L’offensive de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu domine depuis plusieurs mois l’agenda sécuritaire et diplomatique autour de l’est de la République démocratique du Congo. Mais, dans cette focalisation, un autre groupe armé continue de semer la terreur presque dans l’indifférence : les Forces démocratiques alliées (ADF).

Le député national honoraire Juvénal Munubo, spécialiste des questions des Grands Lacs, appelle les autorités à ne pas reléguer cette menace au second plan. « La persistance de la rébellion de l’AFC/M23 au Nord et au Sud-Kivu ne doit pas faire oublier celle d’autres groupes armés étrangers qui écument et endeuillent nos populations à l’Est du pays », insiste-t-il.

Pour l’ancien parlementaire, les ADF poursuivent leurs attaques meurtrières, en particulier dans les régions de Beni et de Mambasa. Il plaide pour une réévaluation des opérations militaires conjointes menées avec l’armée ougandaise (UPDF) et pour une stratégie ciblant les réseaux de financement du mouvement.

« Des massacres continuent dans la zone de Beni. Les opérations militaires conjointes avec l’UPDF doivent être évaluées et une stratégie visant à démanteler les réseaux de financement de ce groupe doit être élaborée et appliquée », estime-t-il.

Son avertissement intervient dans un contexte de recrudescence des violences attribuées aux ADF. Mercredi, au moins seize civils ont été tués lors d’une attaque contre les villages de Mandeite et Ndiapanda, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Selon des sources locales, les assaillants ont pris pour cible les habitants avant de se replier dans la brousse.

Face à cette nouvelle flambée de violence, des centaines d’habitants ont fui vers Beni. La MONUSCO a déployé sa Force d’intervention rapide dans la zone, tandis que les autorités poursuivent l’évaluation des pertes, un bilan encore provisoire.

Comme à Beni depuis plus d’une décennie, les populations affirment pourtant que cette attaque était prévisible. « Des mouvements suspects avaient déjà été signalés depuis le début de la semaine sans que les forces de sécurité ne prennent ces alertes au sérieux », confie un membre de la société civile de Mambasa.

Pour Juvénal Munubo, cette succession d’attaques rappelle que, malgré la place centrale occupée par le dossier M23 dans les discussions politiques et diplomatiques, les ADF demeurent l’un des groupes armés les plus meurtriers opérant dans l’est de la RDC.

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