L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a franchi le seuil des 1.000 décès pour environ 2.500 cas confirmés, avec un taux de létalité supérieur à 40%, selon les derniers chiffres officiels consultés jeudi, alors que le gouvernement intensifie sa riposte face à une propagation toujours active.
La province de l’Ituri concentre à elle seule près de neuf cas sur dix. À Bunia, chef-lieu provincial, et dans les zones environnantes, la transmission demeure particulièrement intense, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime que l’épidémie conserve encore « une longueur d’avance » sur les efforts de riposte.
Les données sanitaires montrent que les adultes âgés de 18 à 50 ans constituent la catégorie la plus touchée par l’infection. Les enfants paient également un lourd tribut.
D’après l’ONG Save the Children, 189 mineurs sont décédés et 476 ont été infectés depuis le début de l’épidémie.
L’organisation souligne que des milliers d’autres souffrent de traumatismes liés à la perte de proches, aux déplacements ou à la peur persistante de la maladie.
Alors que des essais cliniques portant sur des traitements et un candidat-vaccin se poursuivent, les organisations humanitaires alertent sur l’insuffisance des financements, estimant qu’elle pourrait compromettre les opérations de riposte et prolonger la crise sanitaire.
Face à une épidémie qui touche désormais cinq provinces, les autorités congolaises affichent leur volonté de reprendre l’initiative.
La Première ministre Judith Suminwa entame jeudi une mission à Kisangani avant de se rendre à Bunia, Mongbwalu et Rwampara, au cœur de l’épidémie.
Accompagnée de représentants des États-Unis, des Nations unies et d’autres partenaires internationaux, elle doit réaffirmer le leadership du gouvernement dans la lutte contre Ebola, renforcer la coordination de la riposte et évaluer les besoins sur le terrain.

