Cent vingt-et-un ressortissants congolais, dont des femmes et des enfants, sont arrivés à Kinshasa à bord du premier vol de rapatriement volontaire affrété par le Gouvernement de la République démocratique du Congo depuis l’Afrique du Sud, a annoncé le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise dans un communiqué consulté dimanche par Desknews.
Selon le ministère, cette opération fait suite aux violences à caractère xénophobe survenues les 5 et 6 mai 2026 en Afrique du Sud, qui ont touché plusieurs communautés étrangères, dont des ressortissants congolais. Plusieurs compatriotes avaient été contraints de quitter leurs lieux de résidence après avoir été victimes d’agressions ou de pillages.
L’ambassade de la RDC à Pretoria avait renforcé son dispositif consulaire à travers l’activation d’une veille permanente, des lignes d’urgence et des démarches diplomatiques auprès des autorités sud-africaines afin d’assurer la protection et l’assistance des Congolais.
Le ministère rappelle que, dès le 8 mai dernier, les mesures engagées par le Gouvernement avaient été présentées à l’Assemblée nationale avant d’être soumises au Conseil des ministres. Une cellule de crise gouvernementale avait ensuite été mise en place et une mission dépêchée en Afrique du Sud pour identifier les ressortissants concernés et préparer leur éventuel rapatriement volontaire.
À ce jour, 260 dossiers ont été validés dans le cadre de cette opération. Après vérification par les services compétents, 121 Congolais ont été autorisés à embarquer à bord de ce premier vol à destination de Kinshasa.
Les autorités sud-africaines avaient, de leur côté, condamné les violences. Le président Cyril Ramaphosa avait affirmé qu’elles ne reflétaient ni la politique de son gouvernement ni les valeurs de son pays, tout en reconnaissant que les tensions autour de l’immigration irrégulière demeurent un défi.
Les violences xénophobes en Afrique du Sud ne sont pas inédites. Le pays a déjà connu plusieurs vagues d’attaques contre des migrants, notamment en 2008, 2015, 2019 et 2026.
Des analystes attribuent ces épisodes à un contexte de chômage élevé, de fortes inégalités sociales et de défiance envers les institutions, les migrants étant souvent désignés comme responsables des difficultés économiques.

