RDC : Julien Paluku charge Kabila

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a accusé l’ex-président Joseph Kabila d’avoir « sacrifié la souveraineté » de la République démocratique du Congo au profit du président rwandais Paul Kagame, dans une tribune publiée dimanche 3 mai 2026.

Dans ce texte, l’ancien chef de l’exécutif provincial du Nord-Kivu (2007-2019) estime que les sanctions prises par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain contre Joseph Kabila « ne constituent pas une simple mesure administrative », mais plutôt « l’aboutissement d’enquêtes documentées » mettant en cause des faits présumés de blanchiment de capitaux, de circuits de financement occultes, de corruption et de déstabilisation sécuritaire dans l’Est du pays.

Selon Julien Paluku, ces sanctions viendraient également confirmer l’existence d’une « jonction » entre l’ancien régime et la rébellion AFC/M23, qu’il qualifie de « réalité géopolitique ».

Il évoque un « deal » de longue date entre Joseph Kabila et Paul Kagame, affirmant que « pendant que les Congolais pleuraient leurs morts par millions, des accords de coulisse sacrifiaient la souveraineté nationale au profit d’intérêts privés ».

Pour étayer ses accusations, le ministre cite trois épisodes majeurs du conflit dans l’Est. Il revient d’abord sur l’arrestation en janvier 2009 du chef rebelle Laurent Nkunda au Rwanda, qu’il lie au lancement de l’opération militaire conjointe « Umoja Wetu », ayant permis l’entrée de troupes rwandaises sur le territoire congolais.

Il évoque ensuite la reddition, en mars 2013 à Kigali, de Bosco Ntaganda à l’ambassade des États-Unis, estimant que son passage par le territoire rwandais « aurait été impossible sans complicité ».

Julien Paluku critique la signature en 2014 d’une déclaration de fin de guerre avec les rebelles du M23, malgré leur défaite militaire face aux FARDC le 5 novembre 2013, y voyant une démarche destinée à « camoufler la victoire militaire » et à ménager certains soutiens régionaux de la rébellion.

En conclusion, l’ancien gouverneur appelle les soutiens de Joseph Kabila à « se raviser », évoquant le précédent de Jonas Savimbi, et insiste sur la nécessité d’une prise de conscience nationale face aux enjeux de souveraineté et de sécurité.

« Souvenez-vous du destin de Jonas Savimbi ; une fois qu’un pion ne sert plus les intérêts de ses maîtres, il est impitoyablement sacrifié »

Pour Paluku qui fut également ministre de l’industrie, «l’heure est au rassemblement derrière Félix-Antoine TSHISEKEDI, le seul leadership qui a osé démasquer les vampires qui s’abreuvaient de notre chaos »

« La responsabilité nous incombe désormais de protéger cette clarté retrouvée ».

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