RDC : Jacquemain Shabani face à l’épreuve d’une motion de défiance

À Kinshasa, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, affronte ce mercredi 29 avril un test politique majeur.

Une motion de défiance déposée contre lui sera examinée en plénière à l’Assemblée nationale, après plusieurs jours de tensions et de tractations au sein de la majorité présidentielle.

 

Déposée le 13 avril par le député Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani, l’initiative reproche au ministre cinq manquements majeurs.

 

Les motionnaires l’accusent notamment de violer la libre administration des provinces, d’entraver le contrôle parlementaire sur les exécutifs provinciaux, de porter atteinte à la séparation des pouvoirs et d’abuser de son autorité à des fins partisanes.

 

Mais c’est surtout le volet sécuritaire qui cristallise les critiques. Les signataires dénoncent l’aggravation de l’insécurité urbaine et rurale, citant Kinshasa, où les gangs dits « kulunas » continuent de semer la peur, ainsi que plusieurs villes de province comme Boma, Kisangani ou Kananga.

 

Selon eux, le ministère n’a pas réussi à enrayer la défiance croissante envers les institutions chargées de protéger les citoyens.

 

L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Plusieurs députés affirment avoir subi des pressions pour retirer leur signature, tandis qu’une plainte pour faux en écriture a été introduite contre l’initiateur de la motion.

 

Dans le même temps, ce dernier a été suspendu de son regroupement politique et poussé à quitter la direction du parti du ministre Muhindo Nzangi.

 

En coulisses, certains cadres de la majorité soupçonnent des rivalités internes à l’UDPS, le parti présidentiel. Augustin Kabuya, secrétaire général de la formation, a nié toute implication. André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée, estime pour sa part que les députés ont choisi trop vite l’arme de la motion de défiance, procédure généralement réservée aux cas extrêmes.

 

Pour Jacquemain Shabani, l’enjeu dépasse sa personne. Ce vote intervient dans un contexte de crispations politiques et de critiques croissantes sur la gestion sécuritaire du gouvernement.

 

Pour les députés de la majorité, le choix s’annonce délicat : défendre un allié politique ou répondre à une opinion publique de plus en plus préoccupée par l’insécurité.

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