RDC : la motion contre Shabani contestée au nom de l’urgence sécuritaire

Une tribune signée par le chercheur en sciences politiques Paul-Valery Muteba a qualifié de « contre-productive » la motion de défiance initiée contre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, estimant qu’elle intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires majeurs au pays.

Selon l’auteur, si le contrôle parlementaire demeure une prérogative légitime, son exercice dans la précipitation risquerait d’affaiblir la réponse de l’État face à la criminalité urbaine et aux menaces persistantes dans l’Est du pays.

La tribune évoque notamment la loi de programmation de la réforme de la Police nationale congolaise, dotée de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans, promulguée en 2025. Ce texte prévoit, selon son auteur, l’équipement, le recrutement et la formation de 90.000 policiers, ainsi que la réhabilitation des infrastructures policières.

Le chercheur cite également plusieurs actions engagées par le ministère de l’Intérieur, parmi lesquelles l’officialisation des numéros verts de la police, la mise en place annoncée d’un centre d’appel d’urgence opérationnel d’ici juin, ainsi que la poursuite de l’opération « Ndobo », présentée comme un dispositif de lutte contre la criminalité urbaine.

Sur le plan de la formation, la tribune mentionne 5.000 recrues actuellement en formation à Kasangulu, ainsi que la réhabilitation de l’école de police de Kapalata.

Pour l’auteur, un changement à la tête du ministère en pleine mise en œuvre de ces réformes pourrait ralentir les programmes engagés et envoyer un signal d’instabilité institutionnelle aux partenaires du pays.

La motion de défiance contre M. Shabani a été initiée par le député national Laddy Yangotikala.

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