À Kinshasa, c’était l’une des boissons les plus en vue dans plusieurs quartiers populaires. Surnommée « Mutu Rouge », commercialisée sous l’appellation « Power Plus », elle promettait énergie, endurance et sensations fortes à une clientèle essentiellement jeune. Son ascension fulgurante vient pourtant de s’arrêter net.
La Commission de la concurrence (COMCO) et l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) ont ordonné la fermeture immédiate de l’usine REVIN SARL, installée sur la 1ère Rue à Limete.
En cause : la découverte de sildénafil dans la composition de la boisson, une substance pharmaceutique utilisée notamment contre les troubles érectiles.
Selon les autorités, ce composant a été introduit clandestinement, sans mention sur l’étiquetage, et à des doses jugées toxiques.
Les services de contrôle parlent d’un danger sérieux pour la santé publique, évoquant des effets secondaires graves, notamment des troubles cardiaques pouvant entraîner la mort.
Dans la capitale congolaise, la révélation suscite surprise et inquiétude. Beaucoup de consommateurs disent avoir acheté le produit pendant des mois sans imaginer sa véritable composition.
Le succès de « Mutu Rouge » reposait largement sur sa réputation de boisson stimulante, alimentée par le bouche-à-oreille et sa forte présence dans les points de vente de proximité.
Les autorités ont ordonné l’arrêt immédiat de la production, de la distribution et de la commercialisation.
Elles demandent à la population de cesser toute consommation et d’alerter les services compétents sur les commerces qui continueraient à écouler les stocks restants.
La santé publique n’est pas négociable », martèlent les autorités, qui veulent faire de cette affaire un signal fort. Une enquête judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités.
Au-delà du scandale « Mutu Rouge », cette affaire remet en lumière les failles du contrôle des produits de consommation en RDC, dans un marché où les circuits informels restent largement dominants.

