Deux jours après l’allocution du président Félix Tshisekedi devant le corps diplomatique, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales hausse le ton.
Dans une déclaration rendue publique le 3 février à Bruxelles et à Kinshasa, cette plateforme d’opposition rejette toute initiative de dialogue national décidée unilatéralement par le chef de l’État, qu’elle considère comme « partie prenante à la crise ».
Pour le Cadre de concertation, la tenue d’un dialogue national inclusif et représentatif est devenue une « exigence politique nationale », dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle, la poursuite des violences armées et l’aggravation des souffrances sociales.
Mais un tel processus, insiste-t-il, ne saurait être crédible s’il est encadré, organisé et orienté par le pouvoir en place.
La plateforme fustige notamment la volonté présidentielle de fixer seule le lieu, les modalités et le périmètre des débats. Une démarche qui, selon elle, vide le dialogue de sa substance et le réduit à un exercice formel destiné à consolider l’autorité du régime.
Elle dénonce aussi l’exclusion de certains acteurs politiques sur la base de décisions judiciaires qualifiées d’« iniques », ainsi qu’une lecture « partisane » de la Constitution.
Autre ligne rouge : confier l’organisation du dialogue aux seules institutions en place.
Issues d’élections « largement contestées », celles-ci ne disposeraient ni de la légitimité morale ni de la crédibilité politique nécessaires pour conduire un processus censé sortir le pays de l’impasse, estime le Cadre de concertation.
Se disant favorable à un dialogue « véritablement inclusif », la plateforme plaide pour une médiation neutre et indépendante, à l’image de celle proposée par la mission conjointe ECC-CENCO, validée par l’Union africaine.
Elle appelle enfin les forces politiques, sociales et citoyennes à se mobiliser en faveur d’un « Pacte républicain » fondé sur la vérité, la justice et la souveraineté populaire.

