Deux jours après qu’il soit annoncé dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’ancien président Joseph Kabila fait l’objet de lourdes accusations.
Le gouvernement congolais a en effet ordonné l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui, l’accusant de complicité avec les rebelles du M23/AFC, appuyés par le Rwanda, dans la région de Goma, récemment passée sous leur contrôle.
Constant Mutamba, ministre de la Justice, a annoncé avoir donné instruction au procureur général près la Cour de cassation ainsi qu’à l’auditeur général des Forces armées d’engager des poursuites contre Kabila et ses « complices ». Il les accuse d’avoir joué un rôle actif dans ce que les autorités qualifient d’« agression rwandaise ».
Le ministre a également ordonné la saisie des biens mobiliers et immobiliers de l’ancien chef de l’État et a imposé des restrictions de déplacement aux membres du PPRD/FCC impliqués, évoquant un acte de « haute trahison ».
Dans le même élan, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a suspendu les activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), dirigé par Kabila. Cette décision repose sur « l’activisme avéré » de l’ex-président dans le conflit et le « silence complice » de son parti.
Joseph Kabila, au pouvoir entre 2001 et 2018, s’était éloigné de la scène politique depuis la rupture de la coalition gouvernementale qu’il formait avec Félix Tshisekedi en 2020.
Ce dernier, élu sans majorité en 2018, avait depuis consolidé son autorité sur les institutions en déqualifiant la majorité en pleine législature puis en se faisant réélire avec plus de 70% lors de la présidentielle de 2023.
Depuis l’annonce de son retour, l’ancien président est resté silencieux, mais son conseiller diplomatique, Barnabé Kikaya, a annoncé un discours à venir, promettant une déclaration « mémorable ».

