Les autorités se disent déterminées à appliquer la peine de mort pour décourager le banditisme urbain qui sévit notamment dans la capitale, où la police mène une opération de traque contre ces criminels, auteurs des vols, meurtres et autres formes de violences. Des procès ont été organisés à l’issue desquels des dizaines des jeunes ont été condamnés à mort.
Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, les autorités ont balayé les critiques et autres appels des organisations internationales et nationales opposées à l’application de la peine capitale.
« La loi va s’appliquer dans toute la rigueur », prévient Me Constant Mutamba
« Mais cela ne veut pas dire qu’on a violé les droits de l’homme », rassure-t-il
Pour lui, « les droits de l’homme, c’est aussi garantir le droit et la sécurité de la victime ».
« Nous sommes dans un pays en guerre, où des gens ont décidé de le trahir », rappelle-t-il.
« On ne lève pas, on supprime pas, on n’abolit pas la peine de mort pour faire plaisir aux ONG des droits de l’homme, mais pour répondre aux impératifs de sécurité ».
À Kinshasa par exemple où 11 procès ont été organisés et ayant abouti à la condamnation de 300 kulunas, il estime que le phénomène Kuluna a “sensiblement baissé” grâce à l’opération Ndobo et Zéro Kuluna.
Des dizaines de jeunes membres des gangs dits « Kulunas » ont ainsi été condamnés à mort en première instance.
Cent vingt-sept ont été transférés de Kinshasa vers une prison de haute-sécurité dans le nord-ouest, à Angenga, et soixanteautres à Luzumu, à la sortie de Kinshasa. Mais aucune peine capitale n’a été exécutée.
Car la procédure est longue et les condamnés doivent épuiser leurs recours et appels avant une possible sentence.
Constant Mutamba souligne : « C’est seulement à l’épuisement de celaqu’on exécute la peine de mort. Encore que le législateur dit que le ministère public, qui est appelé à exécuter la peine de mort, doit adresser une requête de grâce présidentielle. Au bout du compte, c’est le magistrat suprême [le président du pays, NDLR] qui vous dit : « Moi, je refuse » ou « Moi, j’accepte la peine de mort« . C’est ce que disent nos lois. »
Si des prisonniers ont été transférés, c’est pour des raisons de sûreté, ajoute le garde des sceaux. Ils sont dangereux et pour la plupart multirécidivistes : « Beaucoup de ces prisonniers, devant moi, ont brisé des menottes. C’est extrêmement grave !Ils ont été habitués à la largesse de la justice et des forces de l’ordre. »

