Révision constitutionnelle : Francine Muyumba tire à boulets rouges sur « les professeurs »

La sénatrice honoraire et avocate Francine Muyumba, cadre du parti de l’ex-président Joseph Kabila a dénoncé l’attitude des professeurs d’université rabougris par le débat autour de la révision constitutionnelle.

Un constat très amer dans le monde académique congolais.

« L’ensemble des professeurs de droit constitutionnel qui enseignent dans nos universités qui sont entrain d’induire la nation dans les erreurs doivent immédiatement arrêter de dispenser ce cours dans nos universités car ils n’ont plus rien à enseigner aux étudiants », a déclaré Mme Muyumba.

Les intellectuels surtout ceux œuvrant dans les milieux académiques « doivent engager un débat scientifique civilisé », requiert Mme Muyumba les appelant à se
« départir des considérations subjectives liées à la quête politicienne ».

Car, explique-t-elle, « persévérer dans cette imposture tue la jeunesse estudiantine qui manque désormais de repère scientifique ».

Et d’assener : « Le monde académique congolais se meurt ».

Farouchement opposés à l’intention de révision constitutionnelle alors que le second mandat du président Kabila prenait fin, certains professeurs se sont empêtrés dans la campagne pour cette révision sous Félix Tshisekedi.

Traitée de « mauvaise » par le président en fonction, la constitution est pourtant « l’une des meilleures constitutions du continent », clamait haut et fort le député et constitutionnaliste André Mbata à l’occasion du 15e anniversaire de la Constitution congolaise. C’était en 2021, il y a de cela 3 ans. 

L’actuel président de la commission PAJ à l’assemblée nationale évoquait une « meilleure constitution qui a de l’avenir ».

Même le professeur ordinaire Jean – Louis Esambo Kangashe, doyen de la faculté de droit à l’université de Kinshasa et actuel conseiller spécial en matière de sécurité du Président Tshisekedi soutenait par la même occasion la constitution promulguée en 2006. C’est l’un des rares universitaires à avoir participé à l’élaboration de ce texte. 

En 2021, il affirmait que « la constitution congolaise est solide » et n’a « jamais été la petite sœur de la constitution française ». 

Il alléguait que « beaucoup de choses dans notre constitution ont été imitées par la France (après) », la Belgique ayant même « copié le système de la cour constitutionnelle congolaise ».

Ancien stratège de Joseph Kabila, le professeur Evariste Boshab, ancien président de l’assemblée nationale l’un des auteurs de l’actuelle constitution qualifiée des étrangers et écrit à l’étranger par Félix Tshisekedi, affirmait haut et fort que, l’actuelle constitution a été portée par le peuple. 

« Le sénat a proposé, l’assemblée nationale a adopté, le peuple par référendum a approuvé, le Président a promulgué », déclarait M. Boshab. 

Le FCC dont Francine Muyumba est l’une des cadres a rappelé que l’actuelle « Constitution (a été) écrite, non pas « à l’étranger, par des étrangers », comme faussement allégué (par le président de la République Félix Tshisekedi), mais plutôt, ironie du sort, à Kisangani, plus précisément à Simisimi dans les installations de la mission catholique Saint Gabriel en 2004, par des compatriotes représentant la diversité de la nation congolaise, avant d’être massivement adoptée, soit à plus de 85%, par référendum populaire, lui conférant ainsi la plus grande des légitimités ».

Les évêques catholiques réunis au sein de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont appelé à une « mobilisation générale » pour décourager l’initiative du Président Félix Tshisekedi de révision ou changement de la constitution, un projet qu’ils qualifient de « dangereux » pour le pays.

Mgr Donatien N’shole, porte-parole de l’épiscopat catholique (CENCO) a appelé le Président Félix Tshisekedi à ne pas écouter « ses collaborateurs, qui ne voient pas plus loin que leurs ventres, leurs familles, leurs pouvoirs ».

Lui seul, a-t-il précisé « assumera la responsabilité de ce qui arrivera ».

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