RDC : Viol d’un opposant en détention

L’opposant congolais Jacky Ndala a affirmé avoir été violé lors de sa détention dans les locaux de l’agence nationale de renseignements (ANR) il y a trois ans et a décidé de porter plainte après que cette affaire a été révélée par une communicatrice controversé proche de la coalition au pouvoir. 

« J’ai été sodomisé à l’ANR », a témoigné dans une vidéo l’’acteur politique, ex-coordonnateur national de la jeunesse du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi.  

Interpellé en 2021 par l’ANR, M. Ndala avait été condamné à 22 mois de prison mais avait été libéré le 18 juin 2022, après 11 mois de détention à la prison centrale de Makala.

Le crime commis lors de sa détention à l’ANR a été revendiqué par Denise Mukendi, présidente du parti Forces des démocrates pour le développement (FDD), membre de la coalition au pouvoir, l’union sacrée. 

« On t’a visité par derrière (sodomisé). Tu es resté maboul. On t’a aidé à être pédé. Tu es devenu une femme. (…) Quand il a fallu enlever ta dignité, je l’ai fait sans cœur », a déclaré Mme Mukendi, affirmant avoir commandité le viol de l’opposant Jacky Ndala.

Ces révélations « sont profondément révoltantes », a réagit Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, leader du parti ensemble pour la République. 

« Son témoignage, à la fois poignant et accablant, met en lumière l’horreur de la torture, une pratique de déshumanisation qui n’a pas sa place en RDC. La torture ne doit jamais être considérée comme une solution. Il est inacceptable que les responsables congolais impliqués dans des actes de torture, d’arrestations arbitraires, de condamnations à mort et d’assassinats politiques soient accueillis avec honneur dans les démocraties libérales. Washington, Bruxelles, Londres, Paris : il est grand temps de mettre fin à cette hypocrisie ! Aucun acte de torture ne doit rester impuni. Les tortionnaires et leurs commanditaires doivent faire face à la justice internationale.  C’est ensemble que nous devons défendre nos valeurs fondamentales : liberté, justice et respect des droits humains.  L’avenir de notre société est en jeu, car la dignité et les droits de chaque individu sont aujourd’hui menacés » 

Le président de l’association africaine de defense des droits de l’homme (ASADHO) a dénoncé un acte « abominable ». 

« Je ne pouvais pas l’imaginer qu’on fasse subir un tel traitement à un être humain  parce que ses opinions sont contraires à celles de ceux qui sont au pouvoir.  Nous sommes dans quel type de république?  La justice est appelée à agir non seulement pour mettre la main sur cette dame qui se vante d’avoir commandité un tel acte, mais surtout pour mettre la main sur les agents de l’ANR qui ont posé cet acte et qui sont sur  place ici.  Toute la nation, voire même les officiels, devrait apporter son soutien et sa compassion à Mr Jacky Ndala.  Le silence des officiels est condamnable. On ne peut pas construire une vraie démocratie en acceptant de tels actes. Je condamne fermement cet acte. Il ne doit pas rester impuni » 

Des mandats et avis de recherche sont régulièrement émis contre Denise Mukendi depuis plusieurs années mais peinent à être exécutés, selon plusieurs sources judiciaires. 

Elles estiment qu’elle jouit d’une « protection » des autorités en place. 

En Janvier 2024, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa – Gombe a émis un « avis de recherche » non exécuté à ce jour. 

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