“Carnage” à Makala : Lucha demande à être associée à l’enquête du gouvernement pour garantir “transparence” et “rigueur”

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a exprimé son voeu de participer à la commission d’enquête mise en place pour enquêter les faits entourant la tentative d’evasion à la prison centrale de Makala, soldée par un carnage.

Au moins 129 détenus sont morts par balles, étouffement ou lors de bousculades, d’après le gouvernement. Le bilan est contesté.

« La LUCHA souhaite être également associée à ces enquêtes afin d’assurer un suivi rigoureux, pertinent et responsable de ce dossier. Nous plaçons notre participation à cette commission mixte sous le signe de la garantie de la transparence du processus. Ensemble avec d’autres parties prenantes, nous veillerons à ce que les victimes obtiennent justice et réparation », a déclaré le mouvement dans un communiqué publié mardi.

« Cette tragédie, qui a fait 129 morts, selon le gouvernement met une nouvelle fois en lumière la situation catastrophique de cette prison, un exemple de la crise du système carcéral congolais », selon Lucha espérant que les « enquêtes ne pourraient occulter la réalité actuelle ».

« Le carnage récent de septembre 2024 n’est qu’une triste réitération des violences récurrentes à Makala, accentuées par des conditions de vie dégradantes et l’usage excessif de la force par les autorités pénitentiaires. Cette prison est devenue un lieu de souffrance et d’abandon, où les Droits Humains des détenus sont systématiquement bafoués », écrit Lucha.

La prison de Makala, conçue à l’origine pour accueillir 1 500 détenus, abrite
aujourd’hui près de 15 000 prisonniers, soit une surpopulation de presque 10 fois
sa capacité.

Cette surpopulation engendre des conditions de détention dégradantes, marquées par le manque d’accès à l’eau potable, de nourriture adéquate et des soins médicaux quasi inexistants.

Ces conditions inhumaines ont été la cause principale de plusieurs tentatives d’évasion et d’émeutes, dont celle de mai 2017, qui avait déjà coûté la vie à plusieurs détenus.

En août 2017, un autre massacre avait eu lieu, où des affrontements entre détenus et gardiens avaient conduit à la mort de nombreux prisonniers.

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