Plus de 1.100 ressortissants afghans hébergés dans le camp d’As Sayliyah au Qatar ont affirmé refuser tout transfert vers la République démocratique du Congo, dans un communiqué où ils demandent aux États-Unis de respecter leur promesse de réinstallation sur le sol américain.
Ces hommes, femmes et enfants disent vivre depuis plus d’un an dans ce camp situé à Doha, après avoir été évacués d’Afghanistan.
Selon leur déclaration, la majorité d’entre eux ont travaillé pour ou aux côtés du gouvernement américain pendant les vingt années de présence militaire des États-Unis en Afghanistan, comme interprètes, membres des forces spéciales, chauffeurs, agents de sécurité, personnels administratifs ou membres de familles de collaborateurs.
Les signataires assurent avoir appris par voie de presse que Washington envisageait désormais de les envoyer en RDC, sans information officielle préalable.
« Aucun responsable américain n’est venu nous expliquer ce qui est prévu pour nos vies », écrivent-ils, dénonçant une attente prolongée et l’absence de clarté sur leur avenir.
Ils affirment que leurs dossiers de relocalisation n’ont toujours pas été tranchés, malgré l’échéance du 31 mars fixée par les autorités américaines pour leur transfert.
Plusieurs courriers adressés à des membres du Congrès et à des responsables américains seraient restés sans réponse, selon le texte.
Le communiqué évoque également une dégradation de la santé mentale parmi les résidents du camp, marquée selon eux par « une profonde dépression », ainsi que des inquiétudes sécuritaires après la chute de débris de missiles à proximité de leurs logements à plusieurs reprises.
Les résidents disent rejeter un départ vers la RDC, estimant n’y avoir « ni famille, ni langue, ni statut légal », et soulignant que le pays est lui-même confronté à un conflit armé. Ils excluent aussi un retour en Afghanistan, affirmant craindre des représailles des talibans en raison de leur collaboration passée avec les forces américaines.
« Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons aux États-Unis de tenir la promesse faite », concluent-ils, appelant Washington à les accueillir sur le territoire qu’ils disent avoir servi.

