RDC : « Le père des droits de l’homme au Zaïre » s’en est allé

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé dimanche, avec « une profonde tristesse », le décès du Bâtonnier Matadi Nenga, qu’il a qualifié de « figure majeure de la défense des droits humains » en République démocratique du Congo.

 

Dans un message officiel, le ministre a rendu un vibrant hommage à celui qu’il considère comme « le véritable père des droits de l’homme au Zaïre », saluant un parcours exceptionnel marqué par un engagement constant en faveur de la promotion des libertés fondamentales.

 

« Formé à l’Université de Columbia (USA), il fut le premier à ramener dans notre système judiciaire une compréhension rigoureuse et moderne des normes internationales », a déclaré Guillaume Ngefa, soulignant l’apport déterminant du défunt dans la transformation du droit congolais.

 

À son retour au pays, a-t-il poursuivi, le Bâtonnier Matadi Nenga « a multiplié les séminaires, formé des générations de juristes et introduit, avec courage, les standards des droits de l’homme dans les cours et tribunaux », contribuant ainsi à l’émergence d’une culture juridique fondée sur le respect des normes universelles.

 

Le ministre de la Justice a également insisté sur l’influence personnelle du défunt dans son propre parcours, affirmant que « c’est en suivant ses pas que j’ai moi-même construit mon engagement », avant d’ajouter : « alors que j’étais encore étudiant, il a été celui qui a professionnalisé notre militantisme, canalisé nos énergies et donné une structure durable au combat que nous menions ».

 

Revenant sur le contexte de l’époque, Guillaume Ngefa a rappelé que « sous son inspiration – et celle de plusieurs religieux jésuites – est née, dans la clandestinité, l’AZADHO, première association zaïroise de défense des droits de l’homme », précisant qu’il en fut lui-même le fondateur avant d’embrasser une carrière internationale.

 

Selon lui, le Bâtonnier Matadi Nenga « avait déjà ouvert la voie, posé les fondations et donné un cadre professionnel à la défense des droits humains dans un contexte politique extrêmement difficile », bien avant l’émergence d’autres figures du barreau et de la société civile.

 

Le ministre a en outre souligné que, « lorsque l’AZADHO a été officiellement créée, il nous a apporté un soutien déterminant », illustrant ainsi le rôle d’accompagnateur et de mentor joué par le défunt auprès de plusieurs générations d’acteurs engagés.

 

Rendant un dernier hommage à cette figure du monde juridique congolais, Guillaume Ngefa a déclaré que « la République démocratique du Congo perd un grand homme, notre justice perd un expert éminent, et nous perdons un maître, un guide, un pionnier », appelant à préserver l’héritage laissé par celui qui aura marqué durablement l’histoire des droits humains dans le pays.

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