Les États-Unis ont annoncé l’imposition de restrictions de visas visant plusieurs hauts responsables rwandais accusés de contribuer à l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué du département d’État.
Washington reproche à ces responsables de continuer à soutenir le mouvement rebelle M23 et de violer les engagements pris dans le cadre des accords de Washington, destinés à réduire les tensions dans la région des Grands Lacs.
« En continuant à soutenir le M23 et en violant les accords de Washington, ces individus alimentent la violence et compromettent la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs », a déclaré le département d’État américain.
Les autorités américaines n’ont pas précisé l’identité des responsables visés par ces mesures. Les restrictions de visas sont prises en vertu de la section 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité, qui autorise le secrétaire d’État à refuser l’entrée aux États-Unis à toute personne dont la présence pourrait avoir des conséquences négatives pour la politique étrangère américaine.
Selon le communiqué, ces restrictions pourraient également s’appliquer à certains membres de la famille des personnes concernées.
Washington a par ailleurs appelé toutes les parties signataires des accords de Washington à respecter pleinement leurs engagements afin de favoriser un retour durable à la paix dans la région.
Les États-Unis estiment notamment que la RDC doit neutraliser « immédiatement » les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les groupes qui leur sont associés, tandis que le Rwanda est invité à retirer ses troupes et son équipement militaire du territoire congolais.
« Seule la mise en œuvre complète de ces engagements permettra de libérer l’immense potentiel économique de la région des Grands Lacs », a indiqué le département d’État.
Les autorités américaines ont également averti que toute personne jugée responsable, complice ou impliquée, directement ou indirectement, dans des actions visant à compromettre la paix durable dans la région pourrait faire l’objet de nouvelles mesures.
Depuis la résurgence du M23 dans l’est de la RDC, Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement ce mouvement rebelle, ce que le Rwanda dément régulièrement. Le conflit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue d’alimenter les tensions diplomatiques et sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

