Le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé jeudi la remise en liberté de 14 combattants du groupe armé Twiraneho, actifs dans les hauts plateaux du Sud-Kivu et alliés au mouvement rebelle M23, lors d’une cérémonie organisée à Kinshasa. Ces jeunes combattants, issus de la communauté Banyamulenge, s’étaient rendus volontairement aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) lors des affrontements autour de la ville d’Uvira, dans l’est du pays, avant d’être transférés à Kinshasa pour une procédure administrative et judiciaire, selon les autorités. « Les vérifications nécessaires ont été effectuées afin d’établir si les personnes concernées étaient individuellement impliquées dans des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale », a indiqué le ministère de la Justice. À l’issue de ces investigations, « aucune charge individuelle n’a été retenue à leur encontre à ce stade », a précisé la même source. En présence de représentants de la communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa, de responsables de la justice militaire ainsi que de représentants du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDR-CS), le ministre Guillaume Ngefa a procédé à leur relaxe au nom du gouvernement. Les autorités congolaises présentent cette décision comme un signal en faveur de la démobilisation des combattants encore engagés dans les groupes armés actifs dans l’est du pays, en proie à des violences persistantes impliquant notamment le M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda. Selon le ministère de la Justice, cette initiative s’inscrit dans la volonté du président Félix Tshisekedi « d’encourager les Congolais engagés dans les groupes armés à abandonner la violence et à rejoindre le camp de la République ». Lors de la cérémonie, les ex-combattants ont exprimé leur reconnaissance envers le chef de l’État congolais, tandis que des représentants de la communauté Banyamulenge de Kinshasa ont salué les efforts des autorités contre les discours de haine et de stigmatisation. Les hauts plateaux du Sud-Kivu restent l’un des foyers de tensions dans l’est de la RDC, où plusieurs groupes armés locaux et étrangers s’affrontent depuis des années dans un conflit complexe mêlant rivalités communautaires, enjeux sécuritaires et intérêts régionaux.