Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe, Me Carlos Ngwapitshi, a plaidé, lundi, pour une réforme en profondeur de la politique pénitentiaire en République démocratique du Congo, estimant que l’emprisonnement ne devrait pas être la réponse systématique à toutes les infractions.
« Pour résoudre cette question, j’ai toujours pensé humblement que le ministère de la Justice devrait adopter une politique pénitentiaire responsable », a-t-il déclaré.
Selon lui, « ce ne sont pas tous les faits pénaux qui devraient conduire le transgresseur en prison », soulignant que « certains faits relevant de la criminalité non violente peuvent faire l’objet de transaction avec la victime ».
Me Ngwapitshi cite notamment « les cas tels que abus de confiance, escroquerie, faux en écriture, détournement etc. », estimant que pour ce type d’infractions, l’incarcération n’est pas toujours la solution appropriée.
« La prison ne peut que recevoir les grands criminels (assassinat, meurtre, homicide, crime de guerre, crime contre l’humanité, génocide et j’en passe) », a-t-il soutenu.
L’avocat propose également de repenser la fonction économique de la détention.
« Instaurer un rôle économique que les prisonniers doivent jouer en contribuant au budget de l’État », a-t-il affirmé, considérant que « les prisonniers constituent une main-d’œuvre non négligeable, malheureusement, inexploitée au Congo », notamment dans « l’agriculture, la menuiserie, la maçonnerie ».
Au-delà de l’aspect économique, il a insisté sur la mission de rééducation assignée aux établissements pénitentiaires.
« La prison a aussi pour rôle de rééduquer les détenus », a-t-il rappelé, avant de déplorer la situation actuelle : « Au Congo 🇨🇩, on entre en prison pour vol simple pour sortir avec les notions d’assassinat ou de vol en mains armées ».
Pour Me Ngwapitshi, « la question de réinsertion sociale des prisonniers pose un sérieux problème au Congo », appelant les autorités judiciaires et politiques à engager une réflexion structurelle sur le système carcéral et les mécanismes alternatifs à la détention.

