RDC : l’ex-DG de la SOKIMO plaide l’ignorance devant la Cour des comptes

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le directeur général sortant de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO SA) a reconnu ne pas avoir connaissance de ses obligations vis-à-vis de la Cour des comptes. Pistis Bononga a reconnu ne pas avoir eu connaissance de l’ensemble de ses obligations légales, notamment celle relative à la transmission des états financiers à la juridiction financière.

« J’étais ignorant de cette obligation », a-t-il admis, lors de sa comparution devant la Chambre de discipline budgétaire et financière (CDBF), siégeant en premier degré. L’ancien dirigeant affirme avoir découvert tardivement que la Cour des comptes pouvait auditer « jusqu’aux états financiers » de l’entreprise.

Au cœur du dossier : la non-transmission, dans le délai légal de trois mois après leur adoption par l’assemblée générale, des états financiers des exercices 2022 et 2023.

Une obligation prévue par la loi et dont le non-respect est constitutif d’une faute de gestion. Poursuivi pour manquement à ses obligations, Pistis Bononga soutient qu’à son arrivée à la tête de la société minière publique, aucun état financier n’était disponible.

« Disciple d’une école qui prône la bonne gestion, j’ai travaillé avec mon directeur financier, dans le cadre de la réorganisation de la Société, pour établir les états financiers », a-t-il expliqué devant les juges.

Selon lui, les documents de remise et reprise ne faisaient état d’aucune traçabilité relative aux transmissions antérieures à la Cour des comptes. Il a également pointé une défaillance interne, affirmant que sa division juridique ne lui avait jamais soumis la question de cette obligation légale.

Ce n’est qu’à la suite d’une saisine du procureur général près la Cour qu’il dit avoir pris la mesure de la situation  et transmis les documents concernés, mais « hors délai ».

 

L’ancien DG a par ailleurs invoqué le contexte sécuritaire particulier de la province de l’Ituri, placée sous état de siège, pour justifier les lenteurs administratives. Il a aussi évoqué les difficultés logistiques, notamment l’irrégularité des vols. « Il a fallu attendre jusqu’à trois mois pour trouver un vol », a-t-il déclaré, suggérant que ces contraintes ont pesé sur le fonctionnement normal de l’entreprise.

À la demande du ministère public, le président de céans, Gilbert Tonduangu Kongoloa, a renvoyé l’affaire au 4 mars 2026. La prochaine audience sera consacrée aux plaidoiries et, éventuellement, aux conclusions du parquet.

Cette comparution intervient dans un contexte de surveillance accrue des entreprises du portefeuille de l’État, régulièrement appelées à renforcer leur gouvernance financière et leur conformité aux exigences des organes de contrôle.

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