RDC : le camp Katumbi rejette un dialogue « verrouillé » et exige des gestes d’apaisement

Le camp de l’opposant Moise Katumbi a réaffirmé lundi son attachement à l’organisation d’un dialogue national « sincère, inclusif et apaisé » en République démocratique du Congo, estimant qu’il constitue une « nécessité vitale » pour restaurer l’unité nationale et mettre fin aux crises que traverse le pays.

Le président Félix Tshisekedi a fixé les lignes rouges du dialogue politique censé contribuer à la sortie de crise.

Le weekend devant le corps diplomatique à Kinshasa, il a salué l’initiative tout en exigeant un cadre strict : un dialogue tenu sur le territoire national, sous encadrement institutionnel et sans remise en cause des décisions judiciaires ni de son régime y compris des institutions.

Il a exclu toutes participations des auteurs des crimes dans l’Est du pays, sans les citer. Le dirigeant veut avoir une mainmise sur le processus.

Des lignes rouges tracées alors que des responsables de l’AFC/M23 et l’ancien président Joseph Kabila ont été condamnés, et qu’une partie de l’opposition reste en exil

Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, le parti Ensemble pour la République dirigé par M. Katumbi  a indiqué que ce dialogue ne saurait être crédible que s’il est conduit sous l’égide d’une médiation « morale et neutre », telle que proposée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), dans le cadre du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble.

Ensemble pour la République rejette toute démarche « excluant des acteurs essentiels de la nation », qu’elle juge vouée à l’échec, et souligne qu’un dialogue national ne peut être « ni une concession du pouvoir, ni une rencontre de convenance entre alliés politiques ».

La formation politique a par ailleurs dénoncé ce qu’elle qualifie de « simulacre de dialogue » proposé par le président Félix Tshisekedi, estimant qu’il ne permettrait pas de s’attaquer aux causes profondes des crises politique, sécuritaire et sociale que connaît le pays.

Comme préalables à l’ouverture d’un dialogue crédible, Ensemble pour la République exige notamment la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion, la fin des poursuites judiciaires à caractère politique, la levée des restrictions à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants, ainsi que l’arrêt de toute répression visant les voix dissidentes.

Le regroupement politique a également dénoncé les « contradictions flagrantes » du chef de l’État, l’accusant d’affaiblir la parole de l’État et d’alimenter la défiance des citoyens, notamment en refusant un dialogue avec l’opposition nationale tout en engageant des discussions avec le groupe armé AFC/M23 à Doha.

Ensemble pour la République a réaffirmé que la Constitution est « sans équivoque », rappelant que le mandat du président Tshisekedi arrive à son terme en 2028 et qu’aucune tentative de prolongation ou de préparation d’un troisième mandat ne saurait être acceptée.

Cette réaction intervient après que le président Félix Tshisekedi a fixé les lignes rouges du dialogue politique censé contribuer à la sortie de crise.

Le weekend devant le corps diplomatique à Kinshasa, il a salué l’initiative tout en exigeant un cadre strict : un dialogue tenu sur le territoire national, sous encadrement institutionnel et sans remise en cause des décisions judiciaires ni de son régime y compris des institutions.

Il a exclu toutes participations des auteurs des crimes dans l’Est du pays, sans les citer. Le dirigeant veut avoir une mainmise sur le processus. Des lignes rouges tracées alors que des responsables de l’AFC/M23 et l’ancien président Joseph Kabila ont été condamnés, et qu’une partie de l’opposition reste en exil.

 

 

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