La République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis ont signé, lundi à Abu Dhabi, un Accord de partenariat économique global (APEG) destiné à porter le volume de leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars d’ici 2030, ont annoncé les autorités congolaises.
L’accord a été paraphé en présence du président congolais Félix Tshisekedi et de son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al Nahyane, par le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre d’État émirati au Commerce extérieur, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi.

Selon M. Paluku, ce partenariat stratégique trouve son origine en 2021, à l’occasion de la participation du chef de l’État congolais à l’Expo Dubaï 2020, reportée en raison de la pandémie de Covid-19. Deux engagements majeurs en avaient découlé : la construction du port en eau profonde de Banana et la formalisation des flux d’or artisanal congolais via le système bancaire.
La coopération s’est concrétisée par une convention avec le groupe portuaire émirati DP World pour la construction du port de Banana, actuellement en phase active de réalisation, ainsi que par la création de la société Primera Gold chargée d’encadrer l’exportation de l’or artisanal.

D’après les chiffres communiqués par le ministre, la RDC, qui exportait officiellement entre 5 et 10 kilogrammes d’or artisanal par an, avec un pic de 34 kg en 2020, a connu une hausse spectaculaire de ses exportations. En 2023, environ 5 000 kg d’or ont été exportés, contre entre 7 000 et 9 000 kg en 2024, soit une moyenne mensuelle de près de 800 kg, grâce à la formalisation du secteur.
Julien Paluku a inscrit ces résultats dans la stratégie économique du président Tshisekedi, qualifiée de « trilogie économique », reposant sur la diversification de l’économie, des marchés et des partenaires. L’APEG couvre notamment le commerce des marchandises et des services, le commerce électronique, les règles d’origine et la promotion des investissements privés.
Les échanges commerciaux entre la RDC et les Émirats arabes unis, estimés à 1,2 milliard de dollars en 2020, sont passés à 3,5 milliards en 2023 puis à 4,5 milliards en 2024, selon les autorités congolaises. Une liste de 6 000 produits congolais éligibles aux échanges a été établie dans le cadre de l’accord.
Pour le ministre congolais du Commerce extérieur, cet accord vise également à renforcer la transparence et à « briser les réseaux mafieux » dans les échanges, tout en générant des retombées économiques et sociales durables pour la population congolaise.

