Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté mercredi à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo une stratégie gouvernementale visant à protéger la filière cacao face à la chute des cours mondiaux, lors d’une question d’actualité initiée par le député Kambale Musavuli Vaghumawa Élie.
Devant les élus, le membre du gouvernement a inscrit son intervention dans un impératif de redevabilité, de transparence et de clarté économique, soulignant l’importance de rendre compte de l’action publique dans un contexte de volatilité accrue des marchés internationaux.
Selon le ministre, après avoir atteint près de 11 000 dollars américains la tonne en 2024, les prix du cacao se situent actuellement autour de 3 000 dollars. Cette baisse s’explique notamment par une surproduction mondiale attendue pour la campagne 2025-2026, une reconfiguration de la demande en Europe avec le recours à des produits de substitution, ainsi qu’un manque de coordination entre grands pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.
À ces facteurs externes s’ajoutent des contraintes internes, a-t-il précisé, notamment la fragmentation de l’offre nationale, le déficit de qualité lié à un traitement post-récolte insuffisant, ainsi que des difficultés logistiques dans l’évacuation des produits agricoles.
Pour inverser la tendance, le gouvernement congolais entend mettre en œuvre une stratégie articulée autour de plusieurs axes, dont la diversification des marchés à l’international, avec un ciblage de pays comme la Chine et le Royaume-Uni, l’amélioration de la qualité à travers le respect des normes phytosanitaires, et le renforcement de la production grâce à un partenariat avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’accroître la valeur ajoutée locale, en orientant la filière vers la transformation et la production de cacao aromatisé, tout en renforçant la diplomatie économique de la RDC à travers son intégration à l’Organisation internationale du cacao.
Enfin, Julien Paluku Kahongya a appelé à une synergie interministérielle pour soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur, impliquant notamment les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de l’industrie et de la sécurité, afin de garantir un environnement favorable aux producteurs.
« La bataille de l’or brun se gagne sur toute la chaîne de valeur », a-t-il déclaré, soulignant l’enjeu stratégique que représente le cacao pour l’économie agricole congolaise et les revenus des producteurs.

