Le gouvernement de la République démocratique du Congo a imputé au Rwanda et aux rebelles du M23/AFC la responsabilité de l’éboulement meurtrier survenu le 28 janvier sur un site minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), qui aurait fait au moins 200 morts, principalement des creuseurs artisanaux.
Dans un communiqué publié vendredi, l’exécutif congolais évoque une exploitation « sauvage et illégale » des ressources naturelles dans cette zone sous occupation armée, dénonçant un système organisé de pillage alimentant une économie de guerre. Selon les autorités, de nombreuses victimes ont été ensevelies dans des puits de creusage dépourvus de toute norme de sécurité.
Le gouvernement rappelle que le périmètre minier de Rubaya est classé « zone rouge », interdisant toute activité d’exploitation, et affirme que les opérations minières s’y poursuivent en violation flagrante de la loi.
Il indique que, chaque mois, entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites illégalement dans la zone et acheminées vers le Rwanda.
Kinshasa dénonce également l’augmentation de plus de 200 % des exportations rwandaises de coltan au premier semestre 2025, y voyant la preuve d’un blanchiment de minerais congolais issus de zones sous contrôle de groupes armés.
Le gouvernement met en cause l’inefficacité des mécanismes internationaux de traçabilité et pointe la responsabilité des acheteurs internationaux.
Qualifiant ces faits de crimes de guerre, la RDC affirme poursuivre la documentation des violations et annonce des démarches devant les juridictions compétentes. Elle appelle enfin la communauté internationale à prendre la pleine mesure de ce drame et à agir contre l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises.

