Les fortes pluies de ces dernières semaines ont une nouvelle fois mis à nu l’ampleur inquiétante de la pollution urbaine en République démocratique du Congo. Dans la capitale Kinshasa, des torrents de bouteilles plastiques et de déchets sortent des caniveaux et des rivières, révélant l’inefficacité criante des systèmes de collecte et d’assainissement. Face à une situation jugée « catastrophique », le président Félix Tshisekedi hausse le ton et promet des sanctions.
Si le français le permettait, on dirait volontiers qu’il bouteille à Kinshasa, quand ailleurs il ne fait que pleuvoir. Dès que les orages éclatent, des tonnes de bouteilles plastiques jaillissent des caniveaux et des rivières.
Les eaux entraînent aussi sacs, détritus et boues accumulées depuis des mois.
À cette pollution visible s’ajoutent des pratiques criminogènes : des éboueurs qui vident leurs charriots directement dans la coulée des eaux, des habitants qui ouvrent leurs fosses septiques pour se déverser dans les eaux.
Un cocktail explosif dans une ville qui frôle aujourd’hui les 20 millions d’habitants.
Impuissantes ou dépassées, les autorités font comme tout le monde : dénoncer. Le premier d’entre-elles, le président de la République.
Lors de la réunion du conseil des ministres vendredi, Félix Tshisekedi a dénoncé, la dégradation, « profondément alarmante, voire catastrophique » de la salubrité.
Le chef de l’État décrit des « tas d’immondices sur les avenues, des marchés insalubres, des caniveaux obstrués, des déchets plastiques qui envahissent les cours d’eau »
Autant de signes, dit-il, d’un manque flagrant de suivi dans la gestion de la salubrité publique.
Le président reconnaît les risques immédiats : pollution, maladies, insécurité environnementale.
Il annonce la convocation urgente de tous les responsables concernés.
Et prévient : des sanctions tomberont en cas de défaillance, pour tenter de remettre Kinshasa sur une trajectoire d’assainissement.

