À Kinshasa, le sort de l’adjudante Béanche Ebabi Bongoma, alias Sarah Ebabi Bonga, retient l’attention bien au-delà des cercles militaires.
Cette sous-officière des FARDC connaîtra ce mercredi 29 octobre le verdict du tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, où elle est poursuivie pour « violation des consignes ». En cause : une série de photos et vidéos la montrant en uniforme militaire, publiées sur les réseaux sociaux dans le cadre des préparatifs de son mariage.
L’audience en flagrance s’est ouverte lundi 27 octobre. L’affaire oppose le ministère public, représenté par l’auditeur général, à la prévenue, secrétaire au département sécurité de l’état-major militaire de renseignement.
Selon l’accusation, elle aurait contrevenu à un télégramme du chef d’état-major général daté du 23 décembre 2021, interdisant à tout militaire de s’afficher en tenue, de publier des selfies ou documents militaires, des images non autorisées ou des propos pouvant nuire à l’honneur et à la crédibilité des forces armées.
Mardi, au camp lieutenant-colonel Kokolo, le parquet a requis dix ans de servitude pénale principale, estimant que la diffusion de ces images constituait une faute grave susceptible d’entacher la réputation de l’armée. La défense a plaidé l’acquittement, dénonçant une « affaire exagérément montée » pour un simple shooting photo sans intention de nuire.
L’adjudante, visiblement émue, a maintenu sa version : « Acquittez-moi, mon major, je ne peux pas déshonorer l’armée que je sers depuis dix ans », a-t-elle lancé avant de préciser que les images avaient été diffusées à son insu par le photographe du studio Raus.
« Je n’ai jamais voulu violer les consignes de ma hiérarchie », a-t-elle insisté, rappelant qu’elle se préparait à célébrer son mariage religieux le 31 octobre, devant plus de 400 invités venus des quatre coins du monde.
Au-delà de ce dossier, cette affaire illustre la sévérité de la justice militaire congolaise et la volonté de l’état-major d’imposer une rigueur accrue à l’ère des réseaux sociaux, où l’image des forces armées se joue désormais autant sur les champs d’honneur que sur les écrans.

