Franc congolais : « Du dollar qui plonge… mais des prix qui stagnent » … MNCL parle d’une « arnaque d’Etat »

Alors que le franc congolais s’apprécie de manière spectaculaire sur le marché des changes, passant d’environ 2 800 à 2 300 FC pour un dollar américain, le Mouvement National des Consommateurs Lésés (MNCL) tire la sonnette d’alarme : la population ne ressent aucun effet positif de cette embellie monétaire.

Dans un communiqué publié mercredi à Kinshasa, l’organisation fustige une « arnaque » qui prive les ménages des bénéfices attendus d’une monnaie forte.

Selon le MNCL, la situation sur le terrain demeure paradoxale : les prix des produits de première nécessité restent stables, voire augmentent, tandis que les cambistes et agents de mobile money multiplient les pratiques spéculatives.

« Pendant que la Banque centrale communique un taux de 2 300 FC pour un dollar, beaucoup achètent à 1 900 ou même 1 700 FC », dénonce le mouvement, y voyant un désordre qui « fragilise le pouvoir d’achat des ménages ».

Les commerçants justifient cette résistance des prix par la liquidation d’anciens stocks achetés à des taux plus élevés. Une explication que rejette le MNCL, estimant qu’elle masque une inertie volontaire destinée à « enrichir une minorité ».

Le communiqué illustre cette incohérence : avant la récente appréciation, un litre d’essence coûtait 2 990 FC (1,03 $) ; aujourd’hui, il est vendu 2 690 FC, soit 1,44 $.

De même, une bière reste à 4 000 FC, mais son équivalent en dollars grimpe de 1,37 $ à 2,10 $.

Le mouvement accuse la Banque Centrale du Congo de mener une politique monétaire « sans mesures d’accompagnement », ouvrant la voie à des « abus spéculatifs » et à une « injustice sociale flagrante ».

Il réclame du gouvernement et du ministère de l’Économie des actions immédiates : la répercussion automatique de la baisse du taux sur les prix, le déploiement d’équipes de contrôle, des sanctions contre les contrevenants, et la mise en place d’un mécanisme citoyen de dénonciation des abus.

Soutenant la vision d’un franc congolais fort, symbole de stabilité et de souveraineté, le MNCL rappelle toutefois que « cette ambition ne doit pas se réaliser au détriment du peuple ». Pour l’organisation, une monnaie forte n’a de sens que si elle améliore concrètement les conditions de vie.

« Le franc s’apprécie, mais la vie du citoyen congolais, elle, ne doit pas se déprécier », conclut le communiqué.

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