RDC : les administrateurs de l’ONPA tiennent leur réunion sous les arbres faute de siège

Plus d’un an après leur nomination, les membres du Conseil d’administration de l’Office national de la pêche et de l’aquaculture (ONPA) ont tenu, le 10 octobre, leur sixième session extraordinaire à ciel ouvert. Faute de siège, de bureaux et de moyens de fonctionnement, cette scène inédite illustre les difficultés d’une institution censée impulser la relance du secteur halieutique en République démocratique du Congo.

Créé par ordonnance présidentielle, l’ONPA reste, selon ses administrateurs, une coquille vide. « Depuis notre nomination le 8 juillet 2023, nous n’avons ni siège, ni rémunération, ni outils de travail », confie un membre du conseil. La réunion, organisée sous les arbres, visait à maintenir la cohésion et à « éviter l’hibernation » d’un organe pourtant stratégique pour la sécurité alimentaire du pays.

Dans son allocution, la présidente du Conseil d’administration, la députée Henriette Wamu Ataminia, a appelé ses collègues à la persévérance.

« L’ONPA est un défi permanent qui nécessite l’apport courageux de tous », a-t-elle déclaré, rendant hommage au président Félix Tshisekedi, « géniteur soucieux de son peuple encore affamé ».

La parlementaire a reconnu « l’absence des locaux » mais a exhorté les administrateurs à « dompter ces difficultés de décollage en toute légalité ». « Ne dormons pas sur nos lauriers. Soyons perspicaces et très engagés, sans relâche », a-t-elle martelé, avant de conclure sur une note d’optimisme : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Selon plusieurs sources proches du dossier, les démarches administratives pour doter l’ONPA de son siège et de son budget de fonctionnement n’ont toujours pas abouti.

La PCA Wamu Henriette

L’institution peine ainsi à déployer ses missions de régulation, de formation et de modernisation des activités de pêche et d’aquaculture.

À l’issue de cette réunion « sous les arbres », le Conseil d’administration a adopté plusieurs résolutions, dont celle d’adresser une correspondance au président Tshisekedi pour plaider en faveur de « l’opérationnalisation effective » de l’office.

Le secteur halieutique, largement artisanal, reste en grande partie inexploité en RDC, malgré le potentiel de ses lacs et rivières. Pour Henriette Wamu, « faire exister l’ONPA, c’est nourrir les Congolais ».

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