RDC : douze députés pro-Kamerhe arrêtés lors d’une opération musclée à Kinshasa

Une opération coup de force a visé vendredi plusieurs élus nationaux à Kinshasa, où une douzaine de députés de la majorité présidentielle, l’Union sacrée, ont été arrêtés par des agents en uniforme et en civil, selon des sources parlementaires concordantes.

Les interpellations ont eu lieu dans deux hôtels de la capitale, où se réunissaient à la fois des députés hostiles au bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Vital Kamerhe, et d’autres élus lui affichant leur soutien. Les premiers, présentés comme pétitionnaires réclamant le départ du bureau, affirment avoir réussi à s’échapper avant d’être relâchés. En revanche, une douzaine de députés favorables à M. Kamerhe, réunis à l’hôtel Rotana, restent détenus.

« Ces arrestations, fondées sur des motifs que nous estimons infondés, portent atteinte aux droits fondamentaux et au bon fonctionnement de nos institutions », a dénoncé le député Olivier Kabeya Sombamanya. Il a exigé « la libération immédiate et sans conditions » de ses collègues. Parmi les élus interpellés figurent Claude Misare, Émile Sumaili, Véronique Lumanu, Ida Kitwa, Ilunga Leu et Jovany Ilunga Liyolo, a-t-il précisé.

Selon des sources proches du dossier, l’opération aurait été menée par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), qui a procédé à l’arrestation « des députés avec leurs gardes », malgré leur immunité parlementaire.

Il était 01h 35 lorsque seuls 9 des 12 députés nationaux interpellés ont été libérés.

Un climat délétère règne à l’Union sacrée, la majorité au pouvoir dans laquelle quelques élus tentent d’obtenir l’éviction de Vital Kamerhe 

Les pétitionnaires l’accusent de violation du règlement intérieur, absence de financement suffisant pour les commissions parlementaires et une monopolisation de la parole au sein de l’hémicycle. La procédure est cependant fragilisée par des révélations compromettantes faisant état du monnayage des signatures. 

L’entourage de Kamerhe parle d’une « main noire » au sein de la majorité, suggérant des règlements de comptes internes. Les complotistes ont décidé de déclencher les hostilités dès l’ouverture de la session prévue le 15 septembre.

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