RDC : Juges récusés et témoins défaillants au procès de l’ex-ministre Constant Mutamba

Le procès de l’ancien ministre congolais Constant Mutamba s’est poursuivi devant la Cour de cassation dans un climat tendu, marqué par la défaillance de plusieurs témoins cités à décharge et la récusation de deux juges par l’accusé.

Plusieurs personnalités appelées à témoigner par la défense ont fait part de leur indisponibilité. Le directeur général de l’ARSP, Miguel Katemb Kashal, a évoqué un état « malade » suivi d’une mission à l’étranger, tandis que le ministre des Sports, Didier Budimbu, a déclaré se trouver « au Kongo Central pour des raisons familiales ».

Le magistrat Kisula Betika Yeye de la CENAREF avait, de son côté, évoqué son « incompatibilité ». La Raw Bank a fait savoir que son conseiller juridique en charge du dossier « séjourné en Côte d’Ivoire », et la directrice de Zion Construction s’est déclarée « indisponible pour raisons d’accouchement ». 

La Première ministre Judith Suminwa a, elle, invoqué « les raisons d’État ».

« L’audition de ceux qui se sont présentés a permis à la cour de se faire une conviction », a déclaré le président de la chambre, Kabasele Nzembele Jacques, annonçant la fin des auditions publiques.

L’audience s’est ouverte dans la controverse, avec la récusation par l’ex-ministre de la Justice de deux magistrats : le président de la chambre Justin Kibamba Moket et le juge Otshudi Okita. Constant Mutamba a dénoncé une direction des débats qui « laisse à désirer » et a accusé les deux juges de « menaces et intimidations » dans une lettre adressée à la Cour.

Informé de sa récusation, le président Kibamba Moket s’est lui-même déporté. Son collègue Otshudi Thomas a réagi depuis le banc : « Je l’ai fait parce que j’ai une idée de la justice. Une justice qui ne s’exerce ni sous la dictature du populisme ni sous celle de l’opinion. Je crois en une justice dont l’indépendance est non négociable ».

De nouveaux juges ont ensuite poursuivi l’instruction, notamment par l’audition d’anciens membres du gouvernement. Invitée à s’expliquer sur l’origine de la répartition des fonds ougandais, dont une partie alimente depuis trois ans le compte du ministère de la Justice, l’ex-ministre Rose Mutombo a affirmé avoir hérité du dossier de ses prédécesseurs.

Plusieurs hauts fonctionnaires ont nié toute implication dans le projet porté par Constant Mutamba, à l’exception du chef de division de la Justice dans la Tshopo. Par ailleurs, la directrice du contrôle des marchés publics a estimé que le marché concerné n’avait pas reçu les autorisations requises avant le décaissement.

pmb/dnk

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