En République démocratique du Congo, beaucoup d’auteurs des détournements de deniers publics et corruption échappent à leur condamnation, profitant d’un problème de formation des magistrats. L’inspecteur générale des finances Jules Alingete en est témoin.
« Tous ceux qui sont déclarés innocents par le Ministère Public ou le Tribunal ne sont pas forcément innocents. Il y a beaucoup d’évadés Judiciaires . Il s’agit des prédateurs déclarés innocents parce qu’ils ont été plus habiles en matière des Finances Publiques que le Ministère Public ou que ce dernier n’a pas pu convaincre le tribunal de leur culpabilité alors qu’ils sont coupables », a déclaré M. Alingete intervenant lors des états généraux de la justice organisés depuis le 6 novembre à Kinshasa.
M. Alingete a dénoncé un accompagnement “timide et mitigé” de la justice dans la prise en charge des dossiers des détournements des deniers publics.
“On peut bien aujourd’hui parler d’une justice malade mais nous en tant que service de contrôle nous pouvons vous dire que nous avons fait des dossiers, vous allez auprès de cette même justice, il y a des dossiers qui ont abouti, il y a des dossiers qui n’ont pas abouti et alors il faut reconnaître cet effort là parceque nous avions avec nos dossiers, nous avons aujourd’hui des gens qui sont en prison, en 4 ans l’Inspection Générale des Finances a eu à avoir au moins 5 procès, il y a des gens qui sont en prison”, a-t-il ajouté.
Le gendarme des finances publiques a proposé d’importantes réformes incluant la création d’un parquet financier pour accompagner les structures de contrôle dans la lutte contre la corruption et le détournement.
« Nous avons affaire à des magistrats qui, dans leur profil de formation avaient peur de la comptabilité, des finances publiques et des chiffres. Aujourd’hui, la réalité est que le détournement et la corruption c’est au travers de la comptabilité, les finances publiques et les chiffres, voilà pourquoi nous avons dit qu’il faut créer un parquet financier où on aura des magistrats spécialisés et formés dans les infractions sur la criminalité financière”, a-t-il indiqué.
Cette réforme avait déjà évoqué par le président Félix Tshisekedi à l’ouverture des états généraux au centre financier de Kinshasa.
En attendant, l’IGF mise sur la prévention consistant à une patrouille financière à défaut pour la justice de satisfaire face à la montée de la criminalité financière.

