Les autorités ouvrent ce mercredi les états générauxde la justice après des mois de tensions entre le pouvoir judiciaire et le gouvernement sur l’administration de la justice et l’engorgement du milieu carcéral. « Pourquoi la justice est – elle malade ? » : un thème dont les réponses aboutiront à des réformes après les états généraux de 2015.
Acteurs du corps judiciaire, du pouvoir exécutif, et des organisations de la société civile. 3.500 personnes sont réunis au centre des conférences de Kinshasa pour des discussions qui déboucheront sur des propositions de réforme.
« Nous participons pour veiller à la sauvegarde de l’indépendance du pouvoir judiciaire », lâche un syndicaliste. À la sortie du couloir réservé aux officiels, un haut magistrat, estime pour sa part qu’il ne doit nullement être question d’inféoder le pouvoir judiciaire à l’exécutif.
Avant le début des travaux, le Président Félix Tshisekedi a pris la parole pour orienter les débats et mettre en garde sur un ton ferme les magistrats
« Le Congo ne va plus tolérer ni l’incurie encore moins la complaisance. LE TEMPS DES AVERTISSEMENTS EST REVOLU. C’est avec une fermeté sans concession que seront prises les mesures nécessaires pour extirper des rangs de la justice ceux qui trahiraient leurs missions et par ricochet leur serment. Le Congo attend de vous une justice implacable contre la corruption et l’impunité », a déclaré le chef de l’Etat.
Le dirigeant a promis de soutenir les réformes qui sortiront de ces assises.
Il a proposé aux participants de soutenir par exemple la mise en place d’un parquet financier pour poursuivre les auteurs de détournement de deniers publics.
Félix Tshisekedi défend aussi la mise en place d’un service de renseignement pénitentiaire pour prévenir les cas d’évasion.
Selon le ministre de la justice Constant Mutamba qui depuis sa nomination dénonce les pratiques mafieuses dans l’administration judiciaire, 3/4 des congolais n’apprécient pas la façon dont la justice est rendue à ce jour.
Le secteur brille selon le garde des sceaux par les abus, les violations des lois et d’autres pratiques au détriment de l’Etat et des justiciables.
« Il nous faut du courage, il nous faut de l’audace de nous regarder en face et de nous dire le problème c’est à tel niveau et la thérapie est là », a déclaré le jeune ministre.
Des propositions de réformes issues de ces assises pourront déboucher sur une révision constitutionnelle, selon le ministre.
Si les syndicats des magistrats n’ont pas souhaité s’exprimer en ce premier jour, ses acteurs jugent toutefois non négociable l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Lors des prises de parole, le ministre de la justice Constant MUTAMBA souhaite se placer comme un arbitre entre les acteurs de la justice.

