Dans le procès contre le coup d’État manqué du 19 mai 2024 en République démocratique du Congo (RDC), la peine de mort a été prononcée, vendredi 13 septembre 2024 en fin de journée, par le tribunal militaire de Kinshasa contre 37 des 51 prévenus. 14 ont été acquittés.
Vendredi à la prison militaire de Ndolo, peu après 17 heures, les acquittés débordent de joie lorsque le tribunal militaire de garnison de Kinshasa – Gombe rend son jugement. Ils sont pour la plupart employeurs ou propriétaires de l’auberge que louait Christian Malanga, ou encore agents de la compagnie qui avait fait louer son bus ayant transporté les assaillants du Kongo Central jusqu’à Kinshasa.
Pour les 37 autres, les juges militaires sont restés fermés. « Le tribunal prononce la peine la plus forte : la peine de mort », a répété, à la lecture du verdict, le major Freddy Ehume, président du tribunal qui a siégé pendant toute la durée du procès.
Les infractions d’attentat, association des malfaiteurs, terrorisme, detention illégale d’armes ou encore meurtres ont été retenus contre les 3 américains et 33 congolais.
Conseiller à l’agence nationale des renseignements, l’expert belgo-congolais Jean Wondo a été présenté comme le « concepteur » et « auteur intellectuel » de ce qui a été présenté comme une tentative de coup d’État étouffée dans l’œuf.
Sa sœur Berthe Walo était déçue « parce que dans ce dossier il n’y avait absolument rien pourtant il est condamné à mort pour un crime dont il ne sait rien ni de près ni de loin »,a-t-elle indiqué à DeskNews.cd.
19 Mai 2024, une soixantaine d’hommes avaient opéré un assaut contre la résidence de Vital Kamerhe, président de l’assemblée nationale avant de se retrancher dans les bureaux officiels du président.
Le drapeau congolais avait été démonté et remplacé par celui du New Zaïre, le mouvement de Christian Malanga, abattu par la garde Républicaine lors de la mise en déroute des assaillants.
Lors du procès, plusieurs parmi les prévenus ont affirmé avoir été contraints de participer aux attaques, un argument rejeté par le tribunal.
Les juges ont relevé que ces prévenus n’avaient pas cherché à se retirer lorsque Christian Malanga avait été éloigné et qu’ils avaient été vus armés, célébrant la victoire du New Zaïre ou encore scandant des slogans contre le pouvoir.
Les avocats de la défense dénoncent un mal jugé et prévoient d’interjeter appel.
« C’est un jugement annulable au degré d’appel et nous allons former appel d’ici 5 jours pour que la cour militaire examine de nouveau et reforme le jugement. Nos Clients sont condamnés à une peine abolie depuis 2006. La constitution de la République a aboli toutes les dispositions législatives contraires à elle », a réagi auprès de DeskNews.cd, l’avocat Richard Bondo.
Les prévenus sont condamnés à verser jusqu’à 50 millions USD de dommages et intérêts à l’Etat.

