Le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba, a vivement contesté les critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur la gestion économique de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une réponse publiée le 10 octobre, il a défendu le bilan de Félix Tshisekedi, en mettant en avant la progression du produit intérieur brut (PIB), des réserves de change et du budget de l’État.
La dette publique est au cœur de la controverse. Alors que Joseph Kabila critique la situation économique du pays, Doudou Fwamba estime que l’endettement congolais, inférieur à 20 % du PIB selon ses chiffres, reste soutenable. Il le compare à la moyenne de 60 % observée en Afrique subsaharienne.
« Utiliser [la dette] comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité […] résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique », soutient le ministre.
Pour étayer son argumentaire, il oppose les indicateurs de 2019 à ceux de 2026.
Le PIB nominal serait passé de 50 à 120 milliards de dollars, les réserves de change de 1,3 à 8 milliards et le budget de l’État de 4 à 18 milliards de dollars.
Il met également en avant l’accès retrouvé aux marchés financiers internationaux et l’existence de trois programmes formels avec le Fonds monétaire international (FMI).
Le ministre reproche par ailleurs à l’ancien régime son manque de transparence, notamment dans la publication des contrats conclus avec les entreprises publiques du secteur minier. Selon lui, ces pratiques avaient privé le pays d’un programme formel avec le FMI.
Sur le plan social, Doudou Fwamba cite la gratuité de l’enseignement primaire et celle de la maternité parmi les avancées enregistrées sous Félix Tshisekedi. Il oppose ces mesures à ce qu’il décrit comme les insuffisances des dix-huit années de pouvoir de Joseph Kabila.
Au-delà de cette confrontation sur le bilan économique, le ministre appelle les acteurs politiques et les groupes armés à rejoindre le dialogue national.
Il exhorte ces derniers à déposer les armes et à privilégier une solution pacifique à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Cette passe d’armes intervient dans un contexte de vives tensions politiques en RDC, où la question du dialogue national et l’évaluation des différentes périodes de gouvernance alimentent les débats sur l’avenir du pays.

