RDC – CENTRAFRIQUE : Kévin Bozizé interpellé à Kinshasa, les coulisses d’une arrestation sous tension– 

Le fils de l’ancien président centrafricain a été détenu trois jours par les services de renseignement à Kinshasa, sur fond de soupçons de conspiration contre le pouvoir de Bangui. Récit.
Une arrestation musclée sur les plateaux des Batéké, trois nuits de détention et un interrogatoire serré sur une présumée tentative de coup d’État : Kévin Bozizé vient de vivre un brutal rappel à la réalité géopolitique régionale.
Réfugié discret en République démocratique du Congo (RDC) depuis la chute du régime de son père François Bozizé il y a treize ans, le jeune homme, selon son témoignage, a été interpellé vendredi dernier dans la commune de la N’sele par des agents du renseignement militaire congolais.

Fièvre conspirationniste à Kinshasa

Transporté dans un camp militaire avant d’être transféré au quartier général des renseignements généraux de la police, Kévin Bozizé s’est vu notifier de lourdes accusations. Ceux qui l’ont maitrisé le soupçonnent d’avoir orchestré des rencontres secrètes à Kinshasa avec d’anciens cadres des Forces armées centrafricaines (FACA) dans le but de fomenter un putsch à Bangui.
Des accusations qualifiées de « farfelues » par le principal intéressé. Selon ses proches, l’examen approfondi de ses téléphones portables par les services congolais n’a révélé aucun élément probant susceptible d’étayer la thèse du complot.

L’intervention de l’ONU et l’ombre du clan Bozizé

Il aura fallu une intervention du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) pour obtenir sa libération au terme de trois jours de garde à vue.
Du côté du gouvernement congolais comme du HCR, c’est le motus et bouche cousue : aucune des deux parties n’a souhaité commenter l’incident.
L’affaire n’a d’ailleurs pas trouvé d’écho à Bangui, où Kévin Bozizé reste une figure moins connue publiquement au sein de la dynastie politique familiale. Son nom manque de la notoriété sulfureuse de son frère, Jean-Francis Bozizé, activement traqué pour son rôle pivot dans la rébellion de 2020. Le patriarche, François Bozizé, vit quant à lui en exil à Bissau sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité.
Reste que cet épisode marque un tournant pour Kévin Bozizé. S’estimant désormais en danger sur le sol congolais, le fils de l’ex-président prépare déjà son départ et envisage de demander l’asile politique dans un pays nettement plus éloigné du bras armé de Bangui.

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