Procès Tshiwewe : l’accusation à l’épreuve des faits

Inculpé pour complot, détention illégale d’armes et violation des consignes militaires, l’ancien chef d’état-major général des FARDC, le général Christian Tshiwewe, joue une partie décisive devant la Haute Cour militaire. Entre vices de procédure dénoncés par la défense, accusations contestées et soupçons de rivalités au sommet de l’État, ce procès dépasse le simple cadre judiciaire et met en lumière les tensions qui traversent l’appareil sécuritaire congolais.

Avec dix autres officiers supérieurs, il est poursuivi notamment pour complot, détention sans titres ni droit des armes et violation des consignes. Lors de la dernière audience, ses avocats ont demandé sa remise en liberté provisoire ou son placement en résidence surveillée sa fuite n’étant pas à craindre. Prochaine audience : le 30 juillet.

Tout commence fin 2024, après le remplacement de Christian Tshiwewe à la tête des FARDC. Nommé conseiller militaire du président, il occupe un poste flou sans attribution clairement définie ni personnel.

Après avoir proposé la composition de son cabinet, il est désarmé puis arrêté le 8 juillet 2025. Le lendemain, une perquisition est menée à son domicile en son absence. Deux armes individuelles y sont découvertes.

Pour l’accusation, c’était une cache d’armes, mais la cargaison évoquée n’a pas encore été présentée. La défense rejette cette thèse.

Elle soutient qu’aucun élément du dossier ne l’étaye et affirme que la perquisition est irrégulière, le mandat ayant été délivré deux semaines après son exécution.

Les avocats contestent aussi l’accusation de complot. À l’audience, Me Parfait Kanyanga a dénoncé l’absence de base juridique, estimant que le rôle exact de son client et sa participation aux faits reprochés ne sont jamais précisés.

Cet avocat n’arrive pas à comprendre comment l’auditeur general de l’armée (procureur general de l’armée) peut – il -t-il , soutenir que son client aurait adhéré à un complot en raison du comportement de l’un de ses subalternes, ancien collaborateur.

D’autres avocats vont plus loin en pointant des accusations basées sur des suppositions, l’analogie et sans vérifications préalables avant d’engager l’action publique. En coulisses, certains officiers évoquent une guerre de palais à l’origine de ce qu’ils qualifient de « cabale » contre l’ex – Chef de l’armée.

Ses proches réfutent tout lien avec l’ancien président Joseph Kabila ou John Numbi, l’ancien inspecteur en chef de l’armée en cavale, quand on sait l’animosité qu’ils nourrissent contre Tshiwewe, qui a connu une ascension fulgurante dans l’armée après la fin du règne de Kabila en janvier 2019. Enfin, ses avocats estiment que rien ne justifie son maintien en détention, ce dernier étant détenteur des secrets de la défense nationale dans une période cruciale de guerre dans l’Est.

Avec une résidence connue non loin de la haute cour militaire, Ils réclament sa remise en liberté provisoire ou son placement en résidence surveillée, sa fuite n’étant pas, théoriquement, à craindre.

D’autres accusations ou l’essentiel reposent sur des commentaires dans des conversations sur WhatsApp entre généraux. Le proces se joue sur la forme et le fond. Les accusés risquent gros : la perpetuité.

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