Deuxième Procès du général Yav : Un coprévenu parle d’un « complot »

Un coprévenu du lieutenant-général Philémon Yav a fait, jeudi devant la Haute Cour militaire, une série de déclarations mettant en cause plusieurs anciennes autorités civiles et militaires dans le cadre du deuxième procès de cet officier supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ancien commandant de la troisième zone de défense.

À la barre, le nommé Issia a affirmé avoir été approché afin de témoigner contre le lieutenant-général Yav, soutenant qu’il devait se présenter comme son chauffeur chargé du transport de minerais entre Bukavu et Kigali ainsi que d’armes destinées à des groupes rebelles.

Selon ses déclarations, cette démarche aurait impliqué plusieurs personnalités, notamment d’anciens responsables administratifs et militaires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu notamment les généraux Ndima et Cirimwami (décédé).

Le prévenu a également déclaré qu’avant son arrivée à Kinshasa, il aurait été reçu à Goma par deux anciens gouverneurs militaires qui lui auraient promis une maison d’une valeur de 50.000 dollars américains à Goma ou à Bukavu en contrepartie de son témoignage.

Poursuivant son récit, Issia a indiqué avoir été transféré successivement dans différentes installations sécuritaires à Kinshasa, notamment celles de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de l’Auditorat général des FARDC puis au renseignement militaire (ex – Demaip) où il aurait bénéficié de conditions particulières de détention.

Il a affirmé qu’au cours de cette période, certaines personnes l’auraient régulièrement encouragé à maintenir ses accusations contre le lieutenant-général Yav.

Le coprévenu a toutefois déclaré devant la Haute Cour militaire qu’il ne connaissait pas personnellement le général Philémon Yav et que c’était seulement la deuxième fois qu’il le voyait, la première ayant eu lieu lors de la procédure judiciaire.

Philemon Yav Irung fait de nouveau face à de lourdes accusations. Après avoir obtenu mené la vie dure à l’auditeur général lors d’un premier procès, où les poursuites reposaient notamment sur un présumé message texte qui n’aurait jamais été produit devant la justice, l’officier général se retrouve aujourd’hui confronté à de nouvelles charges particulièrement graves, susceptibles d’entraîner de lourdes conséquences judiciaires.

Il repond de plusieurs chefs d’accusations.

D’après l’Auditeur général des FARDC, l’officier est notamment poursuivi pour avoir, entre 2021 et 2022, entretenu des intelligences avec le Rwanda en vue de favoriser des groupes armés opérant dans l’Est de la RDC, notamment le groupe Twirwaneho dirigé par Makanika ainsi que la rébellion du M23.

Le ministère public militaire lui reproche également la livraison de matériels et munitions de guerre aux insurgés, l’organisation de réunions subversives ainsi que l’exportation illicite de minerais vers le Rwanda, faits qui auraient permis de financer des activités hostiles contre la République.

La décision de renvoi fait aussi état de la transmission présumée de renseignements stratégiques sur les positions et opérations des FARDC aux rebelles, ainsi que de la fourniture d’armes et de munitions aux mouvements armés impliqués dans les violences dans l’Est du pays.

Des accusations que la défense et les proches de Yav classent dans le registre des « montages grossiers » issus d’un « complot ourdi ».

La Haute Cour militaire poursuivra l’instruction du dossier le 18 Juin prochain.

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