La sélection de la République démocratique du Congo devra respecter une quarantaine stricte de 21 jours en Europe avant de pouvoir participer à la Coupe du monde aux États-Unis, en raison de l’épidémie d’Ebola qui frappe le pays, a averti vendredi la Maison Blanche.
« Nous avons été très clairs avec le Congo : ils doivent impérativement maintenir l’intégrité de leur bulle sanitaire pendant 21 jours avant de pouvoir se rendre à Houston le 11 juin », a déclaré Andrew Giuliani, directeur exécutif de la cellule de crise de la Maison Blanche pour la Coupe du monde, dans un entretien accordé à ESPN.
Selon lui, Washington a officiellement informé la FIFA, la Fédération congolaise de football ainsi que le gouvernement congolais que toute rupture de cette « bulle sanitaire », actuellement établie en Belgique où les Léopards effectuent leur préparation, pourrait empêcher l’équipe d’entrer sur le territoire américain.
« Nous l’avons également clairement indiqué au gouvernement congolais : ils doivent impérativement maintenir cette bulle, faute de quoi ils risquent de ne pas pouvoir se rendre aux États-Unis. Nous ne pouvons pas être plus clairs », a insisté M. Giuliani.
Les autorités américaines disent vouloir éviter tout risque sanitaire à l’approche du tournoi. « Nous voulons nous assurer qu’aucun élément extérieur ne pénètre à nos frontières ou ne s’en approche », a affirmé le responsable américain.
L’ensemble des joueurs congolais ainsi que leur sélectionneur français Sébastien Desabre vivent hors de RDC, la majorité évoluant dans des clubs européens, notamment en France. Certains membres du staff basés à Kinshasa ont toutefois quitté le pays cette semaine pour rejoindre l’équipe.
Selon Andrew Giuliani, toute nouvelle arrivée devra être isolée du groupe. « Si l’une d’entre elles présente des symptômes, c’est toute l’équipe qui risque d’être empêchée de participer à cette Coupe du monde », a-t-il averti.
Il a également indiqué que les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont déjà déployé du personnel en Europe pour suivre deux médecins américains placés en quarantaine après une exposition au virus Ebola, et envisagent désormais d’envoyer des équipes en Belgique afin de surveiller l’état de santé de la sélection congolaise.
La RDC a confirmé la semaine dernière une épidémie d’une forme rare du virus Ebola, dite Bundibugyo. Selon les autorités sanitaires, l’épidémie aurait provoqué plus de 130 décès et près de 600 cas suspects. L’Organisation mondiale de la santé a décrété une urgence sanitaire internationale.
Dans ce contexte, les États-Unis ont annoncé cette semaine l’interdiction temporaire d’entrée sur leur territoire pour les ressortissants étrangers ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des trois dernières semaines. Cette mesure est valable pour une durée initiale de 30 jours.
Mercredi, la Fédération congolaise avait annulé un stage de préparation de trois jours ainsi qu’une cérémonie d’adieu prévue à Kinshasa avec les supporters.
Les Léopards doivent affronter le Danemark le 3 juin à Liège, en Belgique, puis le Chili le 9 juin dans le sud de l’Espagne, avant leur entrée en lice au Mondial. Placée dans le groupe K, la RDC doit débuter la compétition contre le Portugal le 17 juin à Houston, avant d’affronter la Colombie le 23 juin à Guadalajara, au Mexique, puis l’Ouzbékistan le 27 juin à Atlanta.
Andrew Giuliani, fils de l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, avait été nommé en mai dernier par le président Donald Trump à la tête du groupe de travail chargé de superviser l’organisation de la Coupe du monde aux États-Unis.

