Le gouvernement congolais a déclaré vendredi une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, selon une déclaration du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
D’après le ministre Samuel Roger Kamba, les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) le 14 mai ont confirmé huit cas positifs sur treize échantillons prélevés, tous de la souche Bundibugyo.
Le cas index présumé est celui d’un infirmier décédé au Centre médical évangélique de Bunia, présentant des symptômes compatibles avec Ebola depuis le 24 avril dernier dans la zone de santé de Rwampara.
Selon les autorités sanitaires, 246 cas suspects et 80 décès, dont quatre testés positifs, étaient déjà notifiés à la date du 15 mai.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé l’activation du Centre des opérations d’urgences de santé publique, le renforcement de la surveillance épidémiologique, le déploiement des équipes d’intervention rapide ainsi que la prise en charge gratuite des cas confirmés et suspects.
Le ministère de la Santé a également appelé la population à éviter les contacts avec les personnes malades ou décédées suspectes d’Ebola, à respecter les mesures d’hygiène et à signaler tout cas suspect via le numéro vert 151.
Les premiers signaux avaient pourtant été pris pour de simples rumeurs. Tout commence début mai, par des messages qui circulent sur les réseaux sociaux depuis Mongbwalu, à 90 kilomètres de Bunia. On parle alors de dizaines de morts inexpliquées.
Les vérifications menées dans l’hôpital général confirment rapidement une hausse brutale des décès : cinquante-cinq morts entre le 1er avril et le 13 mai, avec une létalité qui bondit de 9 à 31 % en quelques semaines.
Dans la communauté, la peur se répand. Une même famille enregistre quinze décès. Les symptômes reviennent d’un patient à l’autre : fièvre, céphalées, vomissements, fatigue intense. Chez certains, des saignements apparaissent.
Les premiers tests écartent Ebola Zaïre et plusieurs autres maladies. Mais le 15 mai, les analyses de l’Institut national de recherche biomédicale changent la donne : treize échantillons sur vingt sont positifs au virus Ebola. Les chercheurs évoquent un ebolavirus d’une autre espèce, encore en cours d’identification.
Face au risque de propagation, Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, convoque une réunion d’urgence avec la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Car au-delà de Mongbwalu, c’est toute la région qui inquiète : mouvements de populations, activités minières, proximité des frontières et faibles capacités sanitaires compliquent déjà la riposte. Il s’agit de la 17ème épidémie d’Ebola déclarée en République démocratique du Congo.

