L’Agence nationale de renseignements (ANR) a interpellé mardi matin à Kinshasa l’opposant et ancien ministre Théophile Mbemba Fundu, quelques jours après sa participation au conclave des forces politiques proches de l’ancien président Joseph Kabila, tenu à Nairobi, a appris DeskNews de sources concordantes.
Selon les informations obtenues, l’ancien ministre a été arrêté pour n’avoir pas répondu à une invitation officielle de l’ANR datée du 20 octobre 2025, signée par le directeur de cabinet de l’agence, et lui demandant de se présenter « pour une communication importante » au siège de l’institution, dans la commune de la Gombe.
Des proches du professeur Mbemba également vice-recteur de l’université catholique de l’archidiocèse de Kinshasa, Omnia Omnibus et ancien ministre de l’enseignement supérieur affirment toutefois que l’invitation ne lui a jamais été notifiée, alors qu’il était rentré de Nairobi la veille au matin.

« Ni la sentinelle ni les membres n’ont vu cette invitation partagée sur internet apres l’interpellation inhumaine de ce matin », a déclaré un de ses proches collaborateurs.
Le cas Mbemba s’inscrit dans un contexte plus large de retours compliqués pour les participants au conclave de Nairobi des 14 et 15 octobre, organisé autour de Joseph Kabila – condamné à mort par contumace pour trahison le 30 septembre dernier.
Quatre délégués venus de Kinshasa avaient pris part à cette réunion : Seth Kikuni, Franklin Tshiamala, Théophile Mbemba et Tharcisse Loseke. Tous ont connu des difficultés avant ou après leur déplacement.
Le premier à partir, Franklin Tshiamala, secrétaire général du parti de Matata Ponyo, a été brièvement interrogé à l’aéroport avant son embarquement. À son retour, il a échappé à tout incident majeur, probablement en raison du retard de son vol, perturbé par les obsèques de Raila Odinga au Kenya.
Le professeur Mbemba, lui, n’a pas eu cette chance. Son passeport a été retenu dès son arrivée, tandis qu’un parent portant le même nom, mais sans lien avec le conclave, a été interrogé pendant sept heures.
Autre cas, celui de Seth Kikuni, interpellé à son retour de Nairobi. Selon ses proches, il a été conduit dans un local souterrain de l’ANR, où il a été longuement interrogé sur le financement du conclave, les participants, et une éventuelle implication du mouvement AFC/M23.
Ses deux téléphones portables et son ordinateur ont été saisis.
L’ANR et le gouvernement congolais n’ont pas encore communiqué sur ces arrestations, qui suscitent de vives réactions dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux, où plusieurs figures de l’opposition dénoncent une campagne d’intimidation orchestrée contre les proches de Joseph Kabila.

