Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a appelé lundi l’ensemble de la société congolaise à « surveiller » le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia, qu’il accuse de « pillage » des ressources provinciales et d’atteintes répétées aux droits humains.
Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, M. Katende dénonce un climat d’« intimidation » et de « répression » visant toute personne critiquant la gestion du gouverneur. « Cet homme s’illustre par des actes de pillage des ressources en complicité avec des Chinois et par l’intimidation à l’égard de tout Congolais qui critique sa mauvaise gestion », a-t-il affirmé.

Le défenseur des droits humains reproche au gouverneur d’avoir « instrumentalisé la justice » pour faire condamner, à l’issue d’un « procès expéditif », un militant du mouvement citoyen Jedidia Mabela devant le tribunal de paix. Selon lui, cette affaire illustre « la dérive autoritaire » qui s’installe dans la Tshopo.
Jean-Claude Katende exhorte les autorités nationales, les députés provinciaux, les organisations de défense des droits de l’homme ainsi que les confessions religieuses à se mobiliser pour empêcher de nouveaux abus. « S’il n’est pas arrêté dans sa folie, il peut commettre encore des actes plus graves », a-t-il mis en garde, appelant les habitants de Kisangani à documenter et partager « toutes les dérives » du gouverneur.
« Une société qui ne surveille pas ses autorités ouvre la voie à des violations massives des droits humains », a-t-il conclu, insistant sur la responsabilité collective face à la gouvernance locale.
Aucune réaction officielle du gouverneur Paulin Lendongolia n’était disponible lundi matin.
L’ASADHO promet de saisir les instances nationales compétentes pour faire cesser ce qu’elle qualifie de « dérives inquiétantes » dans la gestion de la Tshopo.

