Le jour d’après – Que se passera -t-il après la mort du pape François ?

Vatican, silence et solennité. Un jour, les cloches de la basilique Saint-Pierre ne sonneront plus pour saluer une apparition au balcon, mais pour annoncer une disparition. Celle du souverain pontife. Et lorsque ce jour arrive, comme c’est arrivé, un protocole immuable s’enclenchera. Car au Vatican, même la mort obéit à une liturgie.

Une mort scrutée par la tradition

La première étape est aussi la plus symbolique : la confirmation du décès du pape. Le cardinal camerlingue, figure peu connue mais essentielle, entre en scène. Dans un geste hérité du passé, il frappe doucement le front du défunt avec un petit marteau d’argent et l’appelle trois fois par son prénom de baptême. Aucun signe ? Le pontife est déclaré mort. L’anneau du pêcheur est alors détruit pour marquer la fin officielle de son pouvoir.

La “Sede Vacante” : entre vide et vigilance

À partir de ce moment, l’Église entre en période de “Sede Vacante”, littéralement “siège vacant”. Le pape n’est plus, mais l’Église reste. Durant cet intervalle, le pouvoir est suspendu. Aucun acte majeur ne peut être pris. Le Collège des cardinaux assure la gestion des affaires courantes, sans pouvoir législatif ni décisions doctrinales.

Des funérailles planétaires

Les obsèques du pape suivent un rituel millénaire. Neuf jours de deuil, appelés “novemdiales”, ponctués de messes solennelles. Le corps du pontife est exposé dans la basilique Saint-Pierre, permettant aux fidèles du monde entier de lui rendre un dernier hommage. Le pape est ensuite inhumé dans trois cercueils successifs – cyprès, plomb, chêne – déposés dans les profondeurs de la crypte vaticane.

Un conclave sous haute tension

Mais le deuil ne fait pas oublier l’urgence : élire un successeur. Seuls les cardinaux de moins de 80 ans sont convoqués en conclave. Dans le silence austère de la chapelle Sixtine, ils votent jusqu’à obtenir une majorité des deux tiers. Derrière ces murs peints par Michel-Ange, les enjeux sont colossaux : guider l’Église à travers les défis contemporains, des scandales aux crises de foi.

Le monde retient son souffle : fumée noire ou fumée blanche ?

À chaque vote, les bulletins sont brûlés. Une fumée noire ? Il faudra attendre. Une fumée blanche ? Le monde retient son souffle. Quelques minutes plus tard, un homme en blanc apparaîtra au balcon : le nouveau pape. Son nom de règne choisi, il s’avance et bénit la foule pour la première fois. La formule résonne : “Habemus Papam”. Le deuil devient espoir. L’histoire continue.

Pascal Mulegwa

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