Les besoins ont explosé à 2,6 milliards USD mais les moyens restent maigres. La crise humanitaire en RDC reste sous – financée à 3 mois de la fin de l’année, alerte les Nations Unies. Seuls 37% des 2,6 milliards USD attendus afin d’assister 8,7 millions de personnes ont été débloqués par les bailleurs. Le pays compte 6,4 millions de déplacés internes dont le 2/3 dans le Nord – Kivu, Sud – Kivu et Ituri dans l’Est du pays. C’est la plus grande crise de déplacés en Afrique.
Bruno Lemarquis, le chef humanitaire de l’ONU en RDC alerte. Le monde ferme les yeux sur la souffrance des personnes qui nécessitent une assistance humanitaire.
Ils sont estimés à 27 millions, soit le quart de la population congolaise.
« la crise humanitaire en RDC est l’une des plus sérieuses, graves au monde, plus complexe, plus négligée, la plus prolongée du monde. C’est une crise qui reste très largement sous – financée. Si on compare un peu à d’autres crises dans le monde il y a des crises qui sont très bien financées, des crises qui ont peut – être une importance géopolitique ou une importance d’attention médiatique. On pense à la crise en Ukraine, on pense à la crise à Gaza. L’autre raison c’est la pression qui existe sur les ressources au niveau international du fait de la multiplication des crises », a-t-il déclaré auprès de DeskNews.cd mardi 24 septembre à Kinshasa.
Conséquence, plusieurs projets d’assistance ne sont pas exécutés, des camps de déplacés ne reçoivent plus d’aide poussant certains déplacés notamment au nord de la ville de Goma à retourner dans des zones occupées par des rebelles du M23 et autres groupes armés.
Ceux qui sont restés dans des camps ont développé des mécanismes de survie.
« Il y a certaines femmes ; certaines filles qui se livrent à la prostitution, qui se livrent par exemple à d’autres activités qui vont leur apporter de l’argent, qui vont leur permettre d’avoir à manger et qui les expose davantage. Des gens qui n’ont pas accès à la nourriture et qui sont obligés de faire des kilomètres pour aller chercher des bois de chauffage, de la nourriture et qui sont exposés parce qu’il y a des hommes armés dans ces zones-là, donc aujourd’hui l’insuffisance de l’aide humanitaire est un facteur aggravant des incidents de protection qui sont enregistrés aujourd’hui », a déclaré Égide Mbunda est le représentant des ONGs nationales et internationales en RDC.
Pour inciter les bailleurs internationaux à disponibiliser plus des fonds pour la RDC, les humanitaires appellent l’Etat congolais à consacrer une partie de son budget de l’an prochain à la réponse humanitaire.

