RDC : Les enfants en danger après la fermeture de Makala 


La situation est consécutive à la fermeture de la prison centrale de Makala, la plus grande du pays, qui a été vandalisée lors d’une tentative d’évasion début septembre et qui est en pleine réhabilitation. Le ministre de la justice et garde des sceaux Constant Mutamba y a interdit tout accueil de nouveaux détenus. 

En attendant, les  cachots et cellules de détention sont saturés d’enfants détenus dans des conditions infrahumaines, les juges ne sachant pas où les détenir. 

« C’est extrêmement dangereux », alerte Elie Léon Ndomba, président de la cour de cassation resté sans voix après une tournée dans les cachots des parquets et tribunaux. 

Dans ces lieux de détention surpeuplés, des simples voleurs de pain croisent les criminels de grands chemins et d’autres profils dangereux. 

« Le constant est gravissime lorsque ces enfants sont mélangés. Ils sont déjà en conflit avec la loi mais quand on les arrête devant la justice, on les met en contact avec des délinquants avérés sans distinction de sexe, les hommes, les femmes, les adultes, les enfants … ce mixage là, ce qui peut arriver … tout le monde peut comprendre. Le milieu est indécent. Ce sont les juges pour enfants qui se débrouillent pour trouver de quoi nourrir ces enfants, je peux dire par la mendicité pour pourvoir aux besoins en nourriture, il y a des enfants qui viennent malades, sans vêtements … tout ça c’est une charge », a-t-il déclaré auprès de DeskNews.cd. 

Le plus haut gradé des juges congolais appelle à une urgence pour ne pas dupliquer la délinquance même lorsqu’ils seront envoyés dans la prison centrale de Makala construite pour 1500 détenus mais qui en regorgent dix fois plus. 

La ministre des droits humains Chantal Chambu a fait le même constat. Lundi après une réunion avec la première Ministre Judith Suminwa, quelques mesures ont été annoncées.

« On va relocaliser temporairement le milieu carcéral, on va les nourrir, les envoyer les psychologues et tout. Il y aura une prise en charge respectable. Les enfants doivent vivre dans la dignité, vous avez vu quand on a fait la tournée, nous avons constaté qu’il y a vraiment des conditions dégradantes, les enfants sont détenus dans des containers rouillés, il n’y a pas de toilettes, il n’y a pas d’eau, ils n’ont rien à manger », a-t-elle déclaré après l’entretien. 

Dans la prison centrale de Makala où ils sont censés finir dans un pavillon, les conditions sont mortelles.

Dimanche, le ministre de la justice a fait libérer plus de 1600 détenus malades, certains moribonds, d’autres n’arrivant plus à marcher sont transportés dans des brouettes. 

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