Horreur à Makala. Il n’y a pas eu que des détenus tués par balles, morts par étouffement ou dans des bousculades. La nuit du 1er au 2 septembre, plusieurs femmes dont le nombre n’a pas été déterminé par les autorités ont été violées par des détenus venus d’autres pavillons.
Grace au procès ouvert sur instruction du ministre de la Justice depuis jeudi dernier contre une trentaine de détenus jugée pour vandalisme et viol, quelques victimes se sont exprimées, accusant également le gouvernement de n’avoir assuré aucune prise en charge sanitaire aux victimes.
L’Etat s’est limité à offrir des pilules contre la grossesse et le VIH/SIDA, ignorant la prise en charge sociale et psychologique.
Une victime constituée partie civile dans le procès ouvert devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa- Ngaliema témoigné mardi 10 Septembre.
“C’était le 2 septembre vers 2 heures du matin. En réalité, cela a commencé vers 22 heures lorsqu’il y a eu une coupure d’électricité bizarre qui a duré jusqu’au matin du jour suivant. Nous avons l’habitude de prier avant de dormir. On venait de finir la prière vers 1 heure. Une heure après, alors que je commençais à dormir, j’ai entendu des coups de balle. Après, quelqu’un est venu nous dire qu’il s’agit d’une tentative d’évasion. Quelque temps après, on a commencé à entendre des mouvements comme quoi on cassait la porte de notre pavillon. J’ai pris mon argent en dollars, 280 USD, j’ai emballé dans un papier mouchoir et j’ai mis dans mon sexe. J’ai pris l’argent en francs, 88.000 Fc, j’ai mis dans un sac, y compris mon téléphone. Après, on a entendu des prisonnières qui passent la nuit à la salle de visite crier qu’ils sont entrés. Au départ, on a cru que c’étaient des militaires ou des policiers. On s’est rendu compte après que c’étaient des détenus hommes qui sont venus voler et violer les femmes »
« Quand on a senti qu’ils s’approchaient de notre porte, on a éteint la torche. Je me suis caché sous le lit. Et j’entendais comment ils extorquaient les biens à d’autres prisonnières. Le premier groupe a pris nos provisions, l’argent et les téléphones. Le deuxième groupe est celui qui est venu avec les machettes, couteaux, ciseaux et autres armes blanches. Ces détenus ont commencé à violer les autres femmes sous mes yeux. Un moment donné, j’ai vu un détenu venir me demander de nous protéger, moi et une amie. Il nous a emmenés à un endroit. À un moment donné, on a commencé à menacer mon amie. Alors que je voulais intervenir, le même détenu m’a donné une gifle. Je suis tombée sur un banc. Il m’a tiré le pantalon par force. Il a commencé à me taper. Il m’a enlevé les habits et m’a écarté les jambes. Alors qu’il voulait me pénétrer, il a senti quelque chose à l’intérieur. Il a remarqué que c’était mon argent. Il a introduit ses doigts et a retiré l’argent. Quand il a fini de me violer, un autre est arrivé, ainsi de suite, jusqu’à être voilée par 7 personnes. Pendant l’acte avec le 7ᵉ, j’ai vu un garçon que je connais. C’est grâce à lui que le 8ᵉ homme n’est pas monté sur moi »
Presque toutes les détenues ont été violées
« Nous étions au nombre de 302 femmes dans notre pavillon. 3 prisonnières sont mortes pendant ces événements. Des femmes qui peuvent dire qu’elles n’avaient pas été violées n’ont pas atteint le nombre de 5. Nous avons toutes été violées et par plusieurs hommes à la fois. Il y a des prisonnières qui, par honte, ne veulent pas venir le dire »

