Une plateforme d’organisations de la société civile congolaise a appelé mardi à placer les communautés au cœur de la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC), estimant que la lutte contre l’épidémie ne peut reposer uniquement sur les moyens médicaux.
Lors d’un point de presse à Kinshasa, le Conseil national des fora des ONG humanitaires, paix et développement (CONAFOHD) a plaidé pour une stratégie fondée sur ce qu’il appelle le « temps communautaire », c’est-à-dire la période précédant l’arrivée des équipes spécialisées, durant laquelle les populations locales peuvent encore freiner la propagation du virus.
« Être plus rapides qu’Ebola n’est pas seulement une question de logistique ou de moyens médicaux. C’est avant tout une question de stratégie », a déclaré l’organisation.
Selon le CONAFOHD, l’épidémie a déjà causé plus de 1.300 décès et plus de 3.400 cas confirmés en l’espace de 65 jours. Citant Africa CDC, l’organisation affirme que cette flambée pourrait devenir « la plus importante jamais documentée » si elle n’est pas rapidement maîtrisée.
Le collectif soutient que les premiers maillons de la transmission se nouent au sein des familles et des communautés, bien avant la confirmation des cas par les autorités sanitaires.
Pour inverser cette dynamique, il propose notamment le déploiement d’une « ceinture communautaire de prévention » autour des foyers épidémiques, un financement accru des organisations locales, le renforcement des systèmes d’alerte précoce, ainsi qu’une meilleure analyse des perceptions des populations.
Le CONAFOHD recommande également l’intégration de son approche baptisée ALLCE (Action locale de lutte contre Ebola) dans la stratégie nationale de riposte. Selon lui, cette approche vise à compléter les interventions médicales classiques — surveillance, laboratoires, centres de traitement et vaccination — en agissant dès les premiers signaux d’alerte au niveau communautaire.
L’organisation estime enfin que les récentes difficultés observées dans la riposte, notamment les mouvements de grève, les fuites de patients et la circulation de rumeurs, traduisent une crise de confiance qui nécessite une réponse davantage ancrée dans les communautés.

