La République démocratique du Congo « a frôlé la catastrophe » face à l’épidémie d’Ebola, a estimé lundi à Bunia, dans le nord-est du pays, le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, saluant le travail des équipes de riposte.
« On allait être vraiment isolé, même effacé de la carte du monde à cause de cette maladie », a déclaré M. Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), lors d’une visite au site de déplacés de Kigonze, à Bunia.
« Vous avez eu le courage de maîtriser cette épidémie et la population commence à comprendre », a-t-il ajouté, appelant les équipes sanitaires à préserver la confiance des habitants et à accueillir les malades « de façon vraiment fraternelle ».
Cette visite intervient alors que l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie. Selon le rapport de situation arrêté au 5 septembre, la province concentrait 80,6% des cas confirmés enregistrés dans le pays.
Le bilan de l’Organisation mondiale de la santé au 7 septembre faisait état de 6.757 cas et 3.267 décès en RDC, soit une létalité de 48,3%. L’épidémie touchait alors 61 zones de santé dans six provinces.
Un premier cas a par ailleurs été confirmé le 10 septembre dans le Sud-Ubangi, portant à sept le nombre de provinces concernées.
À Kigonze, un décès communautaire a été signalé dimanche, celui d’un écolier de six ans. Dix contacts ont été pré-listés, selon la responsable locale de la communication sur les risques et l’engagement communautaire.
La riposte congolaise estimait vendredi que l’épidémie avait dépassé son pic, situé à la troisième semaine d’août, et que la courbe des contaminations amorçait une phase descendante.
L’épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué à ce jour.
Deux jours après l’annonce du dépassement du pic, trois cas avaient toutefois été confirmés dans le site de déplacés de la Plaine de Savo, dans le territoire de Djugu, qui accueille plus de 70.000 personnes.
La RDC fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, alors que les autorités sanitaires cherchent à renforcer l’adhésion des communautés aux mesures de prévention et à la riposte.
Des chiffres en hausse malgré l’annonce d’un pic dépassé
Alors que les autorités affirment que l’épidémie est « sous contrôle », le tableau de bord de la riposte fait état de plus de 150 nouveaux cas par jour et de plus de 79 décès quotidiens depuis le début du mois de septembre.
Lundi soir, le bilan actualisé depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai 2026, faisait état de 3.475 décès pour 7.200 cas confirmés, selon les données communiquées par la riposte.

