Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a vanté jeudi, à Genève, les réformes numériques engagées par la République démocratique du Congo (RDC), notamment la dématérialisation des procédures de passation des marchés publics et celles liées aux importations et exportations, présentées comme des outils de lutte contre la corruption.
Intervenant à la table ronde de haut niveau consacrée à l’accès au numérique et aux opportunités économiques, organisée dans le cadre du Forum public 2026 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le ministre a souligné que ces réformes s’inscrivent dans le cadre du Code du numérique promulgué en RDC en 2023.

« Pour lutter contre la corruption, le gouvernement congolais a mis en place une plateforme qui dématérialise toutes les procédures de passation des marchés », a déclaré Julien Paluku, expliquant que l’objectif est de limiter les contacts physiques entre les opérateurs économiques et les agents publics.
Dans le secteur du commerce extérieur, il a indiqué que la RDC avait également engagé la dématérialisation des procédures d’importation et d’exportation, qui pouvaient auparavant nécessiter plusieurs semaines en raison du passage des opérateurs dans différents bureaux administratifs.

Selon lui, 93 documents sur 98 nécessaires aux opérations du commerce extérieur sont désormais dématérialisés à travers le Guichet unique intégral du commerce extérieur. Il ne reste plus que cinq documents à intégrer au processus numérique.
Le ministre a également fait état de la connexion entre le système informatique du Guichet unique intégral du commerce extérieur et celui de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), SYDONIA World, permettant la transmission électronique de la liasse documentaire.
Cette interconnexion, a-t-il expliqué, permet notamment de déterminer plus rapidement les droits et taxes dus par les opérateurs économiques et contribue à réduire les délais et les coûts liés aux opérations d’import-export.
Quatre piliers
Julien Paluku a rappelé que le Code du numérique congolais repose sur quatre principaux piliers : la souveraineté numérique, la dématérialisation, la cybersécurité ainsi que la répression des dérives dans l’espace numérique.
Il a, par ailleurs, présenté le Portail d’informations commerciales (PIC) récemment lancé par la RDC. Cette plateforme vise notamment à assurer la transparence à travers la publication des lois et accords commerciaux, à simplifier les procédures administratives et douanières et à faciliter l’accès des investisseurs et opérateurs économiques à l’information.
Le ministre a estimé que ces outils contribuent à la mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC, tout en permettant aux opérateurs de gagner du temps et de réduire les coûts.
S’agissant de l’accès au numérique, Julien Paluku a cité des données du ministère de l’Économie numérique faisant état d’un taux d’accès à internet de 34% et d’un taux d’accès au téléphone de 67% de la population congolaise.
À l’issue de cette intervention, le ministre du Commerce extérieur, accompagné des experts de son ministère, a également participé à une table ronde consacrée aux chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, autour des enjeux du commerce, de la résilience et du développement.

